Au musée des Douanes de Bordeaux, une exposition sur les garde-côtes
Exposition sur les garde-côtes au musée des Douanes

Près d’un an après sa réouverture à l’issue d’une importante rénovation, le musée national des Douanes à Bordeaux inaugure un nouveau chapitre avec sa première exposition temporaire, dédiée à celles et ceux qui veillent sur le large. Avec sa réouverture, le musée s’offre un nouvel espace entièrement dédié aux expositions temporaires – une première. Jusqu’alors, les accrochages se glissaient dans le parcours permanent, au risque d’un ensemble morcelé. « Cela nous permet désormais d’offrir une présentation plus cohérente et immersive », explique Aurélie Guichemerre, conservatrice du musée. Installé dans le prolongement de la visite, cet espace de 80 m² s’ouvre par une « zone tampon », sas où vidéos et mises en contexte préparent le visiteur.

Entre continuité et mutations

Pour inaugurer ce lieu, le musée s’est associé à la Direction nationale garde-côtes des douanes (DNGCD). Créée en 2019, cette entité regroupe près de 900 agents spécialisés chargés de surveiller les espaces maritimes et de protéger le territoire. L’exposition retrace l’évolution de ces missions du XVIIIᵉ siècle à aujourd’hui, entre continuités et mutations. La Direction nationale garde-côtes des douanes (DNGCD) regroupe près de 900 agents spécialisés chargés de surveiller les espaces maritimes et de protéger le territoire. Musée national des douanes. Tout commence le 19 mars 1719, date fondatrice. Un arrêt du Conseil du Roi autorise la Ferme générale – ancêtre direct des douanes modernes – à armer des « pataches », ces petites embarcations rudimentaires à fond plat destinées à surveiller ports, estuaires et une bande maritime de deux lieues (8 à 10 km) au large. « Un périmètre qui paraît aujourd’hui restreint, mais qui représente déjà un progrès majeur à l’époque », rembobine Aurélie Guichemerre.

De la Ferme générale à la Régie nationale

Aujourd’hui, les douaniers en mer assurent le contrôle des navires, des cargaisons et des passagers. Avec la Révolution, la Ferme générale disparaît. En 1791, naît la Régie nationale des douanes. Au fil des décennies, les moyens se modernisent, le rayon d’action s’étend, les missions se diversifient. Aujourd’hui, les douaniers en mer assurent le contrôle des navires, des cargaisons et des passagers, ainsi que des missions fiscales et de police de la navigation. La lutte contre les trafics illicites reste centrale, jalonnée d’affaires emblématiques dont l’exposition se fait l’écho. Parmi elles, la saisie spectaculaire du « Caprice des temps » en 1972 : 438 kilos d’héroïne pure interceptés au large de Marseille, dans le cadre de la French Connection.

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Un territoire immense

Pour autant, leurs missions ne se limitent pas à la répression. Elles incluent aussi la protection de l’environnement, la lutte contre la pêche illégale, la préservation des aires marines protégées, la surveillance du patrimoine archéologique sous-marin et des opérations de sauvetage. Maquette du patrouilleur DF3 directeur général Pallain, patrouilleur des douanes de 31,85 m. Alban Gilbert Photographe. Ce rôle n’est pas nouveau. En témoigne la boîte de secours pour les asphyxiés et les naufragés, trousse fournie aux brigades côtières contenant un tire-langue et un marteau pour relancer le cœur — des outils aujourd’hui cocasses, mais révélateurs des connaissances médicales de leur temps.

Le défi change désormais d’échelle : près de 20 000 km de trait de côte, de la métropole à l’outre-mer, soit l’une des plus vastes zones maritimes au monde. De la maison de douanier isolée sur le littoral – motif récurrent des XIXᵉ et XXᵉ siècles, évoqué ici à travers cinq toiles – aux patrouilleurs, vedettes et avions de surveillance, trois siècles d’histoire se déploient à travers peintures, documents, objets, uniformes et maquettes, auxquels s’ajoute un projet inédit, mêlant enregistrements de terrain et création sonore signée des artistes Rupilly et Franco Mordehai.

« La douane aux frontières du large ». Jusqu’au 22 novembre. Musée national des douanes, 1, place de la Bourse, Bordeaux. Du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures. Tarifs : de 2,50 à 6 euros. www.musee-douanes.fr

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