Unchosen sur Netflix : immersion troublante dans une communauté sectaire
Bienvenue à la « Communauté du divin », un havre de paix apparent où les élus de Dieu vivent en parfaite harmonie, loin de la folie du monde. Cette mini-série en six épisodes, disponible sur Netflix depuis le 21 avril, vous ouvre les portes d'un sanctuaire qui pourrait bien n'être qu'une illusion dangereuse. Unchosen dévoile progressivement les rouages d'une secte où la prière quotidienne à 19h30 rythme une existence sous contrôle total.
Une communauté sous emprise
Parmi les nombreux disciples, on découvre le couple Rosie et Adam avec leur fillette Grace, ainsi que le respectable monsieur Phillips qui règne en maître sur la communauté malgré son penchant pour l'alcool. Dans cet univers presque claustrophobique, les hommes travaillent à la scierie tandis que les femmes œuvrent à la maison, soumises à leur mari « comme au Seigneur ».
La série décrypte méthodiquement les mécanismes sectaires :
- La foi aveuglée et le dévoiement de la liberté de pensée
- L'emprise mentale exercée par les dirigeants
- L'autorité inébranlable du chef charismatique
- Le refus catégorique du monde extérieur et de ses influences
L'arrivée du trouble-fête
C'est dans ce cadre rigide que débarque Sam, interprété par l'acteur irlandais Fra Fee. Ce brun ténébreux au corps d'Apollon apparaît un soir d'orage, sauve la petite Grace de la noyade, et s'insinue peu à peu dans la communauté. Sam cache un lourd secret et son intégration progressive va faire vaciller les certitudes des fidèles.
Comme un virus venu contaminer un organisme sain, Sam devient « le diable qui rôde parmi nous » selon les mots d'un membre de la secte. Son charme trouble séduit Rosie et d'autres femmes, tandis que son passé mystérieux menace d'exposer les failles de la communauté.
Une fiction aux accents documentaires
Créée par la scénariste Julie Gearey et réalisée par Philippa Langdale avec la participation de Jim Loach (fils de Ken Loach), Unchosen s'inspirerait de témoignages d'anciens membres de sectes. La série adopte une approche quasi-documentaire pour explorer la violence psychologique et les privations de liberté.
Les péchés sont sévèrement punis : posséder un smartphone qualifié d'« instrument du diable » peut mener à un enfermement punitif. La soumission sexuelle des femmes et la domination masculine structurent les relations au sein de la communauté.
Un thriller aux limites assumées
Si Unchosen n'évite pas certains clichés et téléphone parfois ses rebondissements, la série possède des arguments solides pour convaincre :
- Une ambiance tendue et claustrophobique maintenue sur six épisodes
- Des personnages complexes aux motivations troubles
- Une exploration crédible des mécanismes d'emprise sectaire
- Un suspense bien mené avec une véritable conclusion
Cette fiction originale réussit le pari de nous convertir l'espace de deux soirées à sa cause, même si les spectateurs les plus réticents pourront s'en échapper sans risque s'ils ne succombent pas instantanément à son emprise narrative.



