Le documentaire « Un champ de fraises pour l'éternité » plonge au cœur d'un phénomène surprenant : des camps de vacances pour adultes, où des centaines de personnes recréent l'ambiance des colonies de vacances de leur enfance. Réalisé par la cinéaste française Marie Durand, le film suit plusieurs participants âgés de 25 à 65 ans, qui dépensent en moyenne 800 euros pour une semaine de régression collective.
Un phénomène en pleine expansion
Selon une étude menée par l'Institut français d'opinion publique (IFOP) en 2025, 12 % des adultes français ont déjà participé à un camp de vacances régressif, et 34 % se disent intéressés par l'expérience. Le documentaire montre comment ces camps, initialement confidentiels dans les années 2010, ont explosé après la pandémie de Covid-19. « Les gens ont besoin de retrouver une forme d'insouciance, de simplicité », explique Marie Durand dans le film. « Ces camps offrent une parenthèse enchantée, loin des responsabilités du quotidien. »
Une immersion totale dans le passé
Les participants, vêtus de tenues d'époque, participent à des activités typiques des colonies : veillées, chants, jeux de piste, ateliers de bricolage. Le tout dans des décors reconstitués avec soin, comme ce champ de fraises géant où les campeurs cueillent des fruits à volonté. « C'est comme revenir en 1985 », confie Jean, 47 ans, cadre dans une entreprise de logistique. « Ici, on n'a pas de téléphone, pas de stress. On redevient des enfants. »
Une critique sociale en filigrane
Au-delà de la nostalgie, le documentaire interroge les ressorts de ce phénomène. « Ces camps sont le symptôme d'une société qui ne supporte plus la pression », analyse la sociologue Claire Lefèvre, interviewée dans le film. « On cherche à fuir un monde anxiogène en se réfugiant dans un passé idéalisé. » Le film montre également les dérives possibles : certains participants développent une dépendance à ces expériences, au point de négliger leur vie professionnelle et familiale.
Un succès commercial et émotionnel
Le documentaire, qui a bénéficié d'un budget de 1,2 million d'euros, a attiré plus de 200 000 spectateurs en salles lors de sa première semaine d'exploitation. Il a également été sélectionné dans plusieurs festivals, dont le Festival de Cannes, où il a reçu une mention spéciale de la part du jury. « Ce film parle à tout le monde, car chacun a une part d'enfance en lui », a déclaré la réalisatrice lors de la projection.



