Tournage à Grasse avec Jarry : pourquoi TF1 mise sur l'arrière-pays
Tournage à Grasse avec Jarry : pourquoi TF1 mise sur l'arrière-pays

Jusqu'à la fin du mois de juin, le Pays grassois accueille le tournage de « Hors cadre », la nouvelle comédie dramatique de TF1 portée par Jarry. Entre paysages, acteurs et techniciens locaux, cette fiction veut faire de la région bien plus qu'un simple décor.

Un décor au service de l'histoire

Sous les parapluies roses du centre-ville de Grasse, les caméras ont remplacé les touristes. Le bar Le Secret et les façades colorées servent de décor à cette fiction autour du handicap. « On parle tout le temps de la Côte d'Azur en mettant en avant Cannes ou Nice. Alors que l'arrière-pays est absolument incroyable », s'enthousiasme Jarry. Installé dans la région depuis six ans, le comédien assure avoir découvert un territoire qui l'a conquis : « À chaque kilomètre, on pourrait tourner et raconter une histoire différente. »

Le projet est porté par une coproduction entre Clothilde Jamin, productrice de la série à succès Balthazar, avec GoodCop (Groupe TM Studios), et Jarry avec Instinct Films, déjà réunis sur « À tes côtés » en 2021. « On avait envie de créer un nouveau projet qui sorte un peu des sentiers battus », raconte le comédien. Grasse s'est alors imposée naturellement. « C'était vraiment à l'origine du projet », appuie Clothilde Jamin. La série a ainsi été pensée autour de plusieurs lieux emblématiques du territoire : le centre historique de Grasse, les routes de Caussols ou encore le Domaine Saint-Christophe, décor principal de l'intrigue.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des repérages locaux

Pour trouver les décors, la production a fait appel à une repéreuse locale. « Elle a fait un catalogue de propositions, puis avec le réalisateur Arnaud Lemort, on a visité les lieux et choisi ceux qui nous semblaient les plus appropriés, justes et typiques de la région », précise Jarry. Un choix qui a marqué le réalisateur. « J'ai des ascenseurs émotionnels ici. Je suis ébahi par cette région », sourit Arnaud Lemort. Pour lui, ces paysages participent aussi à l'identité du film : « Avoir de beaux décors, c'est déjà une grande partie du travail. Les gens ont besoin de voir des choses qui les font s'évader. »

Une production qui veut jouer local

Tourner dans le Pays grassois implique aussi de faire vivre le territoire derrière la caméra. « Plus de la moitié de l'équipe technique est d'ici », garantit Jarry. Costumière d'Antibes, habilleuse niçoise… Plusieurs professionnels locaux participent au tournage. Même logique côté casting. La Niçoise Stéphanie Pareja interprète la mère de Thomas, le jeune personnage au cœur de l'histoire. Au total, près de 200 figurants locaux participeront au tournage. « Quand on a envie de s'implanter économiquement et localement, il faut aussi jouer le jeu des compétences et des savoir-faire de la région », défend Jarry. « Venir avec toutes nos équipes parisiennes pour un projet régional, ce serait complètement hypocrite. » Une démarche qui rejoint celle de TF1, selon le comédien, attaché à la mise en avant des talents locaux. Une rencontre avec des élèves est également prévue pour présenter les métiers du cinéma et de l'acting.

Un décor au service d'une histoire humaine

Dans cette ferme isolée, Éric, un éducateur spécialisé incarné par Jarry, tente d'aider Thomas, un jeune homme amputé après un accident de scooter qui refuse de se reconstruire. Mais en voulant réparer les blessures des autres, il devra aussi affronter les siennes. « Cette façon d'aborder le handicap, il n'y a que Jarry qui peut le faire sur ce ton-là », analyse Clothilde Jamin. Pour la productrice, le sujet est au cœur du projet : « Les différences sont une force. »

Le choix de Baptiste Gonthier pour incarner Thomas donne une dimension particulière au récit. La production recherchait d'abord un comédien amputé, avant de rencontrer cet acteur. Baptiste a vécu jusqu'à ses onze ans en fauteuil roulant en raison d'une maladie neuromusculaire, aujourd'hui endormie. « Il y a des choses qu'on ne peut pas jouer », remarque Jarry. « Savoir ce que c'est de peut-être ne plus pouvoir remarcher, c'est une chose qu'on a du mal à fabriquer. » Une expérience personnelle qui nourrit son interprétation. « C'est beaucoup d'émotions à faire passer : la colère, le déni, la joie, énormément de technicité », met en avant Clothilde Jamin.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Élodie Poux, Alexandre Brasseur ou encore Marianne James sont aussi au casting de ce pilote en deux épisodes. « Hors cadre » pourrait devenir une collection si le public répond présent, avec de nouvelles histoires autour d'Éric.