Scream 7 établit un record historique en France et dans le monde
Avec plus de 400 000 entrées enregistrées en seulement cinq jours sur le territoire français, Scream 7 réalise le meilleur démarrage de toute la saga horrifique dans l'Hexagone. Cette performance exceptionnelle s'accompagne également d'un lancement record à l'échelle mondiale, confirmant l'attrait durable du genre pour le public international.
Une semaine cinématographique riche en films sous haute tension
Derrière ce carton horrifique, la semaine aligne plusieurs films remarquables qui explorent des thématiques contemporaines avec audace et sensibilité. La diversité des propositions témoigne de la vitalité du cinéma actuel.
Christy : Sydney Sweeney impressionne dans un biopic pugilistique
Le film Christy présente Sydney Sweeney sous un jour nouveau dans un biopic consacré à la boxeuse Christy Martin. Produit par sa société Fifty-Fifty Films et réalisé par l'Australien David Michôd, ce film nerveux retrace l'histoire vraie de la championne des années 1990, tornade sur le ring mais femme battue en privé, victime d'une relation toxique avec son entraîneur de mari interprété par Ben Foster.
Arborant une chevelure brune et une coupe mulet, mais surtout une musculature saillante, Sydney Sweeney fait preuve d'un punch remarquable et n'hésite pas à prendre des coups ni à les rendre. Malgré les espoirs de reconnaissance oscarisée, ce solide mélodrame adapté à l'air du temps n'a pas rencontré le succès escompté dans les salles américaines. Pourtant, il ne manque de rien : ni une pointe de féminisme bienvenue, ni cette résilience chère au public américain que l'actrice assume avec brio.
Pillion : une exploration rare et intelligente des relations BDSM
Pillion se distingue comme un film queer rare qui aborde la relation BDSM avec une intelligence et une délicatesse exceptionnelles. L'histoire raconte la rencontre entre Colin, jeune homme chétif et introverti vivant encore chez ses parents, et Ray, charismatique leader d'un club de motards.
Harry Melling donne à son personnage une fragilité bouleversante, tandis qu'Alexander Skarsgård impose son charisme et ses silences éloquents. Le film ausculte cette relation inégalitaire avec finesse, parfois avec drôlerie mais aussi avec âpreté, sans jamais réduire les personnages à des stéréotypes. Certaines scènes de sexe frontales pourront heurter les plus pudiques, mais elles ne sont jamais gratuites, captant des corps prisonniers de leurs désirs et des solitudes douloureuses.
Nino dans la nuit : l'errance nocturne dans un Paris interlope
Adaptation du roman de Simon et Capucine Johannin, Nino dans la nuit suit l'errance d'un jeune homme dans un Paris nocturne, entre petits boulots, teufs, LSD et larcins pour tenir le coup. Laurent Micheli en tire un film d'une grande délicatesse, sublimé par une photographie magnifique qui capture les lumières de la nuit et cette fuite en avant.
Oscar Louis Högström incarne Nino avec une intensité impressionnante, toujours sur le fil, soutenu par un casting solide comprenant Mara Taquin, Théo Augier et Bilal Hassani. Le texte original affleure tout au long du film, préservant sa force littéraire et donnant à l'ensemble une résonance politique particulière.
Pédale rurale : le combat d'un homme queer en Périgord vert
Le documentaire Pédale rurale d'Antoine Vazquez raconte la vie de Benoît qui, malgré sa difficulté à exister dans le regard des autres en tant qu'homme queer, vit toujours dans le Périgord vert, sa région natale. Le film accompagne avec délicatesse et humour cet amoureux de la nature dans son effort pour lancer une Pride locale, la première du genre.
Ce personnage singulier, parfois timide, parfois flamboyant, s'abandonnant à la danse ou se parant de bijoux, incarne une résistance douce mais déterminée contre les préjugés en milieu rural.
Alter ego : une farce bizarre sur la dualité
Alter ego met en scène Laurent Lafitte face à son double... capillaire. Alex découvre que son voisin Axel est son sosie parfait, mais avec des cheveux, ce qui déclenche une jalousie dévorante et transforme sa vie en cauchemar.
Fraîchement couronné du César du meilleur acteur, Laurent Lafitte fait le show en jouant avec dextérité les deux personnages, soutenu par de solides seconds rôles dont Blanche Gardin, Olga Kurylenko et Zabou Breitman. Cette farce bizarre sur la dualité multiplie les situations rocambolesques avec humour, même si le procédé du dédoublement s'étire parfois en longueur.
La Maison des femmes : une fiction édifiante sur un lieu essentiel
Inspiré de la structure fondée à Saint-Denis par Ghada Hatem-Gantzer, La Maison des femmes évoque la prise en charge des femmes victimes de violences. La réalisatrice Mélisa Godet a choisi de mettre en scène une fiction au plus près de la réalité de ce lieu, en se plaçant du côté des soignants.
Karin Viard joue la directrice de la structure, Laetitia Dosch une sage-femme, Eye Haïdara une infirmière prête à tout pour ses patientes. Animé par le courage de ces femmes de bonne volonté, le film renseigne sur les difficultés économiques que rencontre un projet dont l'importance saute aux yeux, offrant aux comédiennes l'occasion de montrer leur talent.
Allah n'est pas obligé : une adaptation animée puissante
L'adaptation du roman d'Ahmadou Kourouma en film d'animation conserve l'extraordinaire inventivité du récit original. Allah n'est pas obligé raconte l'histoire de Birahima, 12 ans, entraîné dans la guerre civile qui dévaste le Liberia et la Sierra Leone dans les années 1990.
La voix du rappeur prodige SK07, en duo avec celle de Thomas Ngijol, garde toute la verdeur du texte, tandis que les dessins de Zevan Najjar éclatent de couleurs au son des coups de feu. L'équilibre demeure entre la fraîcheur de l'enfance et la violence du contexte, permettant à toute la famille à partir de 12 ans d'apprendre et d'apprécier cette talentueuse traduction animée d'un destin qui concerne encore aujourd'hui 250 000 enfants soldats.



