Le DJ gardois Philippe Corti, ami proche de Thierry Ardisson depuis quarante ans, témoigne après la mort de l'animateur survenue ce lundi 14 juillet. « Cela faisait un moment que sa maladie s'était complètement calmée. Mais il y a quelques jours, Audrey m'a appelé pour me dire que Thierry n'en avait plus pour longtemps », confie-t-il, la voix empreinte d'émotion.
Une amitié de quatre décennies
Philippe Corti a rencontré Thierry Ardisson en 1985, alors qu'il montait à Paris avec ses disques pour ouvrir une bodega. « À l'époque, c'étaient des musiques qu'on n'avait pas l'habitude d'entendre à Paris », se souvient le DJ. Tous deux originaires du Midi – Thierry Ardisson ayant étudié à Montpellier – ils sympathisent rapidement. L'animateur de Bains de Minuit invite alors Corti à l'accompagner sur le plateau. D'émission en émission, les deux compères ne se quittent plus. « Il a tout fait pour moi. Sans lui, ma vie, mon métier, ma carrière n'auraient pas été les mêmes », salue le DJ emblématique de la Churascaïa.
Un soutien indéfectible
En 1996, lorsque Philippe Corti sort de prison pour des affaires de stupéfiants, Thierry Ardisson est le premier à lui proposer de retravailler. Pour le Gardois, c'est grâce à lui qu'il a pu poursuivre sa carrière sous les feux des projecteurs télévisés pendant toutes ces années. « Sur les plateaux, c'était quelqu'un d'imbuvable », reconnaît franchement Philippe Corti. Mais derrière le rideau, il dépeint un homme attentionné, qui demandait régulièrement des nouvelles. Un véritable ami. « C'est compliqué de garder des amitiés pendant quarante ans, mais pas avec Thierry », souligne-t-il.
Un patron et un ami
Le DJ confie que Thierry Ardisson a non seulement été un ami, mais aussi son seul patron. La seule personne dont il ait accepté les ordres. « Même quand nous n'étions que tous les deux, je l'appelais « patron » », se remémore-t-il. Un surnom affectif qui berçait leurs longues discussions lorsque l'animateur venait lui rendre visite en Camargue. « On partait voir les taureaux, boire un coup, manger un bout. » Des moments qu'ils savouraient entre copains, comme à l'abri de la grande faucheuse. « Ça a toujours été sur le ton de la plaisanterie lorsque l'on parlait de la mort. On n'y pensait pas. »
Un dernier adieu teinté d'humour
« C'est quand même ironique pour un royaliste de mourir un 14 juillet, non ? », ironise Philippe Corti, qui prend le temps de choisir les mots, les bons, sans tenter de cacher son émotion. Les derniers mots du Camarguais pour l'animateur sont des remerciements, notamment pour toutes les rencontres. Grâce à Thierry Ardisson, il a pu rencontrer ses plus grandes idoles, des Rolling Stones à Ray Charles, en passant par Serge Gainsbourg. « Ce matin, je lui ai envoyé quelques messages, même s'il ne les verra pas, et une playlist par SMS, pour qu'il puisse la jouer là-haut », conclut simplement Philippe Corti, ajoutant avec un dernier trait d'humour qu'il n'est pas pressé de le rejoindre.



