Mélisa Godet filme la Maison des femmes : une fiction engagée contre les violences
Mélisa Godet filme la Maison des femmes contre les violences

Mélisa Godet signe une fiction puissante sur la Maison des femmes

La distribution de La Maison des femmes réunit des talents variés du cinéma français. Du côté féminin, on retrouve Karin Viard, Lætitia Dosch, Oulaya Amamra, Eye Haïdara et Juliette Armanet. Les hommes ne sont pas en reste avec Pierre Deladonchamps, Laurent Stocker et Jean-Charles Clichet. L'objectif de cette fiction prenante ? Révéler au grand public les combats quotidiens de celles et ceux qui accompagnent des femmes victimes de violences pour les aider à se reconstruire.

Le choix de la fiction pour un sujet sensible

« J'aurais pu réaliser un documentaire, confie Mélisa Godet, mais la fiction constitue mon mode d'expression privilégié. C'est donc tout naturellement que j'ai opté pour ce format pour mon premier long métrage. Mon approche du cinéma passe par le scénario, ce qui implique nécessairement la fiction. » La créatrice de la série LT-21 excelle à entremêler les destins de ses personnages, confrontés à la brutalité des récits des patientes tout en devant gérer de lourdes difficultés financières qui menacent l'avenir de leur établissement. « Leur humour salvateur et leur force vitale sont véritablement époustouflants », reconnaît la réalisatrice.

Adopter le point de vue des soignants

Mélisa Godet a dû faire preuve de persuasion pour convaincre la gynécologue Ghada Hatem, fondatrice des Maisons des femmes, d'accepter que ce sujet délicat prenne la forme d'une œuvre de fiction. « Elle a finalement donné son accord après avoir lu le scénario, à la condition expresse que le personnage qui la représente soit présenté comme une héroïne fictive », insiste la cinéaste. C'est Karin Viard, vibrante d'humanité, qui incarne cette obstétricienne déterminée.

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La réalisatrice a pris le parti d'adopter le point de vue des soignants pour éviter de montrer frontalement les traumatismes vécus par les victimes qui viennent consulter. « J'ai également choisi de faire appel à des comédiennes professionnelles pour incarner ces victimes, précise-t-elle. Il me paraissait impossible de confier des textes aussi durs à des actrices non aguerries. Il faut posséder un certain recul pour pouvoir porter de tels rôles. De plus, ces comédiennes qu'on voit moins souvent, avec des visages, des origines, des corps et des âges différents, existent réellement et sont extrêmement fortes. Elles ont placé la barre très haut pour l'ensemble de l'équipe. »

Une responsabilité artistique et sociale

Bien que La Maison des femmes soit une fiction, Mélisa Godet s'est considérablement documentée pour coller au plus près de la réalité. « Je n'ai pas cherché à adoucir ce qui se déroule dans ces établissements, déclare-t-elle. C'est un sujet magnifique, mais également immense. Ma plus grande crainte aurait été que ces soignantes et ces patientes se sentent trahies par ma représentation de leurs épreuves. » La réalisatrice n'a cependant pas laissé les hommes de côté. « Le film n'est absolument pas dirigé contre les hommes, mais contre les violences, affirme-t-elle. Ces personnages masculins revêtent une importance cruciale car ils symbolisent ces hommes qui souhaitent exprimer qu'en tant qu'hommes, ils considèrent ces situations comme anormales. Et cela, c'est fondamental. »

Un hommage cinématographique à une initiative essentielle

La première Maison des femmes a été fondée en 2016, et ce beau film choral rend hommage à cette initiative indispensable qui se développe désormais sur tout le territoire français. « Ces revendications ne sont pas exclusivement féminines, conclut Mélisa Godet. D'abord, les violences faites aux femmes concernent souvent aussi les enfants. Parmi ces enfants, il y a également des petits garçons. Tout cela représente l'avenir de notre société. » Une raison supplémentaire de recommander chaudement la découverte de cette Maison des femmes à l'écran.

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