Alexandra Lamy et Reem Kherici présentent leur comédie féministe « Pour le plaisir »
La comédienne Alexandra Lamy et la réalisatrice Reem Kherici se sont rendues dans les locaux du journal « Sud Ouest » à Bordeaux pour échanger avec les lecteurs et présenter leur dernier film, « Pour le plaisir ». Cette rencontre s'est déroulée le 17 avril 2026, offrant un moment privilégié pour discuter de cette comédie audacieuse qui aborde sans complexe le thème du plaisir féminin.
Un film qui brise les tabous sur l'orgasme féminin
Le film « Pour le plaisir », réalisé par Reem Kherici, explore avec humour et sensibilité la question du plaisir féminin. L'intrigue suit Fanny, interprétée par Alexandra Lamy, qui après vingt ans de mariage avec Tom, joué par François Cluzet, révèle qu'elle n'a jamais connu d'orgasme durant leur vie intime. Cette confession déstabilisante pousse Tom à remettre en question leur relation et à inventer un sex-toy révolutionnaire pour répondre à ce défi intime.
Lors de la rencontre avec les lecteurs, Reem Kherici a souligné que son film est profondément féministe. « C'est un film féministe car il nous demande à tous d'accepter que les femmes soient l'égal de l'homme en ce qui concerne le plaisir et notre anatomie », a-t-elle expliqué. Elle a rappelé l'importance de briser les tabous historiques, évoquant les périodes où le clitoris était considéré comme « la marque du diable » ou absent des manuels scolaires.
Une approche humaniste et rassembleuse
Alexandra Lamy a pour sa part insisté sur la dimension humaniste de l'œuvre. « C'est effectivement un film féministe mais je dirai également qu'il est humaniste parce qu'on n'est pas en guerre les uns contre les autres », a déclaré la comédienne. Elle a mis en avant la manière dont le film aborde une histoire d'amour authentique, où une femme parvient enfin à parler ouvertement d'un sujet tabou avec son mari, qui l'écoute et cherche avec elle des solutions.
Reem Kherici a partagé ses réticences initiales face à ce projet. « C'est un film dangereux s'il n'est pas pris du bon angle, avec élégance et humour », a-t-elle confié. Issue d'une famille conservatrice et étant elle-même mère, la réalisatrice a voulu traiter ce sujet délicat avec pudeur et respect, évitant toute vulgarité. Son objectif était de sublimer la féminité sans montrer frontalement l'intimité, privilégiant la suggestion à l'explicite.
Les origines du projet et les défis du casting
L'idée du film est née d'un reportage sur les créateurs allemands du « womanizer », Brigitte et Michael Lenke, découvert par les scénaristes Gari Kikoïne et David Solal. Touchés par la statistique selon laquelle 30% des femmes déclarent ne jamais avoir connu d'orgasme, ils ont voulu créer une comédie qui aborde ce sujet avec audace tout en conservant une élégance certaine.
Alexandra Lamy, qui tournait simultanément le film « Compostelle », a relevé le défi de jouer deux personnages radicalement différents. « J'aime bien avoir de vraies ruptures », a-t-elle expliqué, ajoutant avec humour qu'elle aurait aimé tourner « Pour le plaisir » en premier pour pouvoir apporter un « womanizer » sur le tournage de « Compostelle ».
Reem Kherici a salué le talent exceptionnel de son actrice principale. « Alexandra y arrive car c'est une actrice exceptionnelle », a-t-elle affirmé, soulignant son aisance de jeu, son naturel et son authenticité. Elle a également fait l'éloge de François Cluzet, dont la performance apporte selon elle une élégance et une vulnérabilité qui enrichissent le film.
Une œuvre qui cherche à toucher tous les publics
Face aux questions sur la manière de convaincre un public conservateur, Reem Kherici a insisté sur son approche pudique et respectueuse. « Je suis conservatrice et pudique, alors chaque plan, chaque respiration, je les ai pensés pour ne mettre personne mal à l'aise », a-t-elle déclaré. Sa ligne directrice a été de privilégier l'élégance, la pudeur et le respect dans chaque scène.
Alexandra Lamy a abondé dans ce sens, soulignant que « la suggestion, c'est toujours formidable ». Selon elle, la force du film réside dans sa capacité à évoquer plutôt qu'à montrer frontalement, laissant au spectateur le soin d'imaginer et de réfléchir.
Cette rencontre bordelaise a ainsi permis de mettre en lumière les multiples dimensions de « Pour le plaisir » : une comédie qui ose aborder un sujet tabou avec humour et sensibilité, tout en cherchant à rassembler plutôt qu'à diviser, et à ouvrir le dialogue sur une question essentielle de l'intimité féminine.



