Plus d'un quart de siècle de festival : c'est la promesse de cette nouvelle édition de Japan Expo, qui se tiendra du 9 au 12 juillet 2025. Pour cette vingt-cinquième édition, le rendez-vous incontournable des fans de culture japonaise et de culture geek (ou les deux) promet l'ouverture d'un hall supplémentaire, des concerts, des concours de cosplay et bien plus encore. Car le Japon ne se limite pas aux mangas, aux animés et aux jeux vidéo. Explications avec Thomas Sirdey, l'un des trois cofondateurs du festival.
Une évolution spectaculaire du public
En vingt-cinq ans, le public de la Japan Expo a considérablement évolué. De 2 500 visiteurs lors de la première édition, le festival accueille désormais plus de 230 000 personnes en 2025. Thomas Sirdey revient sur cette transformation : « La Japan Expo s'est construite comme une réunion de passionnés d'une culture qui n'était pas forcément acceptée dans le monde extérieur. Aujourd'hui, on trouve à la fois des fans ultra-hardcore, très exigeants, et d'autres qui papillonnent et découvrent. Notre défi est de les mélanger, car c'est ce qui entretient la relation d'amour de la communauté avec la culture japonaise sur le long terme. »
Le choix des intervenants : un travail de partenariat
En coulisses, la sélection des invités est un processus minutieux. « C'est un gros travail avec nos partenaires en France et au Japon. Nous démarchons certains artistes, mais nous avons aussi la chance d'être sollicités par de nombreux artistes et maisons de production », explique Sirdey. Ces rencontres donnent naissance à des événements originaux, comme le concours de dégustation Sake Pop, né de l'intérêt des producteurs de saké pour le marché européen. « C'est la croisée des chemins entre nos ambitions et celles de nos partenaires qui fait la richesse de l'offre. »
Un tremplin pour les mangakas français
Cette année marque la deuxième édition du concours « À la recherche du nouveau mangaka ». Japan Expo se positionne comme un véritable tremplin pour les auteurs français. « On est la Fashion Week des mangakas internationaux. Les artistes ont tellement bien digéré les codes du manga qu'ils produisent des œuvres de qualité reconnues au Japon. C'est un cercle vertueux », souligne le cofondateur.
La musique : un vecteur d'ouverture
Au-delà du manga, la musique occupe une place centrale dans la programmation. « La musique est un point d'ouverture de l'univers manga/animé, car les génériques de séries sont souvent des 'tie-up' : des groupes de musique qui n'ont rien à voir avec cet univers créent un générique pour se faire connaître. Mais la musique a aussi un côté universel : on peut apprécier un groupe japonais sans comprendre les paroles, grâce à la musicalité et à la performance scénique », explique Sirdey.
Artisanat et gastronomie : pour connecter les fans au réel
Musique, artisanat, gastronomie... Ces disciplines permettent d'attirer des publics variés. « Cela satisfait les curieux, mais permet aussi aux fans de relier ce qu'ils aiment dans leurs animés, mangas ou jeux vidéo au monde réel. Pour des séries historiques comme Rurouni Kenshin ou Vagabond, comprendre l'artisanat du sabre est essentiel. Et cela aide les novices à appréhender un univers parfois complexe. »
Le regard de l'organisateur
Interrogé sur son propre profil de visiteur, Thomas Sirdey avoue : « Je n'ai jamais vraiment vu Japan Expo : je suis enfermé dans des salles, je réponds à des questions, je prépare déjà l'édition suivante. L'organisateur de la fête n'en profite jamais, et je ne m'en plains pas. Mais si je devais être visiteur, je serais plutôt du côté des connaisseurs, car je suis avant tout un fan de pop culture japonaise. »



