Jaafar Jackson, le sosie troublant de Michael Jackson à l'écran
Sur le grand écran, la ressemblance est saisissante : même visage anguleux, même silhouette filiforme, même voix enfantine et même jeu de jambes élastique. Jaafar Jackson, bientôt trente ans, fils de Jermaine Jackson et d'Alejandra Genevieve Oaziaza, incarne avec une précision remarquable le roi de la pop dans le film Michael. Ce projet ambitieux est produit par Graham King, à qui l'on doit Bohemian Rhapsody, Aviator et Les Infiltrés, et réalisé par le cinéaste afro-américain Antoine Fuqua.
Un casting approuvé par la famille Jackson
Après deux longues années de recherche, le chanteur et danseur, longtemps resté dans l'ombre du célèbre clan, a été sélectionné avec l'aval de Katherine Jackson, la mère de Michael. Elle aurait déclaré voir en lui son propre fils. Malgré le succès du spectacle musical MJ à Broadway, le défi de redonner vie au cinéma à la star disparue brutalement le 25 juin 2009, à l'âge de cinquante ans, reste considérable. Cependant, dix-sept ans après sa mort, il semble nécessaire de raviver la flamme auprès de ses fans et de séduire les nouvelles générations.
Le film se présente comme un biopic soigneusement orchestré, un drame musical glorifiant une icône dont on suit les débuts à l'âge de onze ans avec les Jackson Five, puis sa carrière solo et sa relation complexe avec son père, Joseph. Ce dernier, décrit comme redoutable, l'aurait élevé avec sévérité, usant parfois de la ceinture. Jaafar Jackson, à la fois chanteur et danseur, suit scrupuleusement un scénario sur mesure et se glisse avec aisance dans la peau de son modèle, porté par des images spectaculaires de concerts électriques et de fans en délire.
Une reconstitution minutieuse sous contrôle familial
Le film inclut des séquences emblématiques :
- Les pas chaloupés du célèbre moonwalk, inspiré du mime Marceau.
- La signature de son contrat avec le label Motown.
- Le tournage du clip historique de Thriller réalisé par John Landis.
Pour les parties vocales, Antoine Fuqua a mélangé la voix de Jaafar avec celle de Michael Jackson, un procédé qui s'avère efficace. En cent vingt minutes, le film retrace l'ascension fulgurante d'un artiste surdoué, marqué par une enfance prolongée au milieu de jouets et d'animaux, et par des opérations esthétiques, dont celle de son gros nez, surnom donné par son père.
Le mentor Quincy Jones, producteur des albums légendaires Off the Wall, Thriller et Bad, apparaît brièvement, cédant la place à l'influence constante et néfaste de Joseph Jackson. Ce dernier, gestionnaire avide, profite de la richesse de son fils tout en le forçant à se produire avec les Jackson Five. Le chemin vers l'émancipation est long, culminant avec la rupture lors de la tournée Victory Tour en 1984, année marquée par un accident lors d'un tournage pour Pepsi où son cuir chevelu prend feu, événement lié à son futur usage d'analgésiques.
Une fin modifiée pour éviter la polémique
Rien n'est laissé au hasard dans cette reconstitution, placée sous le contrôle actif de la succession Jackson. Celle-ci a exigé la modification de la fin du film, initialement centrée sur les accusations d'attouchements sur mineur portées contre Michael en 1993. Une scène montrant son regard tourmenté face à un miroir pendant une perquisition au ranch de Neverland a été supprimée. Cette maladresse, selon certains, ne fait qu'amplifier les rumeurs et scandales posthumes, malgré les acquittements judiciaires.
Antoine Fuqua a donc revu sa copie, optant pour une fin ouverte sur l'entrée en scène de Michael Jackson au Wembley Stadium lors de la tournée Bad en 1988. Cette conclusion laisse un goût d'inachevé à cette hagiographie, qui annonce un deuxième film si le premier rencontre le succès.
Une performance à la hauteur du mythe
Difficile de bouder son plaisir : la performance de Jaafar Jackson est à la mesure de son personnage, depuis l'enfance star incarnée par le jeune Juliano Valdi jusqu'à l'icône planétaire confrontée à la jalousie d'un père autoritaire, joué par l'impressionnant Colman Domingo. Qu'il chante ou danse, Jaafar montre un potentiel évident, magnifié par la réalisation d'Antoine Fuqua. Le film se clôt sur un message frustrant : L'histoire continue, laissant planer le doute sur une suite potentielle.



