In Waves : le sublime film d'animation qui va vous émouvoir en salles
In Waves : le sublime film d'animation qui va vous émouvoir

En salles ce mercredi, le bouleversant film d’animation réalisé par Phuong Mai Nguyen, In waves, adapte avec grâce et style le fantastique roman graphique éponyme d’AJ Dungo. Adapter, n’en déplaise à Godard, ce n’est pas forcément trahir, parfois c’est sublimer, autrement dit faire changer radicalement d’état et porter à un plus haut degré de beauté. La preuve avec In waves, le premier long métrage d’animation de Phuong Mai Nguyen inspiré du roman graphique éponyme de l’États-unien AJ Dungo, en salles ce mercredi.

Un roman graphique best-seller adapté avec brio

Parue chez Casterman en 2019, cette épaisse BD au graphisme minimaliste et expressionniste racontait en parallèle et bichromie l’histoire d’amour (en bleu) de son auteur avec Kristen, rencontrée au lycée, avec qui il vécut pendant huit ans avant qu’elle soit emportée par un cancer, et les origines de leur passion commune, le surf (en sépia), et plus particulièrement le destin de Duke Kahanamoku, son plus grand héros hawaïen, et de son émule Tom Blake. Une merveille de délicatesse et de style écoulée à plus de 100 000 exemplaires en France.

Une esthétique éclatante pour une histoire poignante

Du matériau d’origine, la réalisatrice française d’origine vietnamienne conserve majoritairement la part la plus intime et la plus autobiographique, celle qui concerne les origines hawaïennes du surf relevant pour l’essentiel du contrepoint poétique et de la mise en abyme hors champ. Esthétiquement, par contre, elle prend le risque de rompre avec sa source stylisée et elliptique, et opte pour un dessin ligne claire, dans une explosion de couleurs et de lumières surnaturelles, de décors peints magnifiques et de vagues céruléennes, ici ligneuses, là mousseuses, et pour une animation traditionnelle, fine et souple, boostée et ombrée à la 3D. La mise en scène fait honneur à l’esprit singulier du sport de glisse qui l’habite, se montrant très dynamique et immersive dans l’action mais aussi posée et contemplative dans l’attente qui la précède et la pose amicale qui l’accompagne…

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Un récit initiatique déchirant

Ainsi, à Los Angeles, en 2005, AJ, lycéen timide, rencontre-t-il lors d’une soirée, la solaire Kristen. Elle est dingue de surf et lui, mordu de skateboard et hyper doué en dessin. Ils tombent follement amoureux et il ne faut pas longtemps pour que Kristen initie son copain, à la base aquaphobe, aux plaisirs indicibles des vagues californiennes. Las ! La maladie vient troubler le cours délicieux de leurs amours naissantes, mais ils ne lâchent rien, surtout pas l’autre, et elle vit, elle rayonne pour et sur son entourage jusqu’au bout.

Le goût de sel que l’on sent sur les lèvres à plusieurs reprises n’a rien à voir avec les embruns du Pacifique, mais In waves n’est pas pour autant un mélodrame lacrymal, ni du reste tout à fait le coming of age attendu. À l’instar de la bande dessinée, le long métrage déjoue le chagrin programmatique, en chamboulant la chronologie narrative, et dépasse ainsi le récit intime d’une histoire triste pour se déployer comme un grand récit d’amour, de mort, de deuil et de mémoire traversé par un souffle de vie qui échappe à l’ordinaire comme la mystique propre au surf à l’entendement. Cela étant dit, préparez les mouchoirs, format serviette de plage, quelle émotion !

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