Helena Noguerra, invitée de Capitaine Marleau, garde la tête froide
Helena Noguerra : invitée de Capitaine Marleau, elle reste lucide

Quand un apprenti serrurier est tué dans un centre de formation, Corinne Masiero et sa chapka débarquent pour mener l'enquête... Un nouvel épisode inédit de Capitaine Marleau, ce mardi 5 mai sur France 2. Mais entre les jeunes apprentis qui ne se dévoilent pas rapidement et le responsable du centre de formation Bruno, incarné par Thierry Frémont, le mystère demeure. Encore plus quand Sandra, la femme de Bruno, est amenée à rencontrer Marleau pour les besoins de l'enquête.

Sandra, c'est Helena Noguerra, l'artiste qui s'illustre aussi bien dans la musique que sur un plateau de télévision. Avant de la retrouver dans un épisode de Dear You, dans le prochain film de Didier Bourdon et Michèle Laroque, incarner une « créature » du cabaret La Barbichette à Paris ou encore prêter sa voix pour un podcast autour de la vie de Marilyn Monroe, la comédienne multifacettes revient sur cette aventure un peu particulière.

Une collaboration avec Josée Dayan et Corinne Masiero

Interrogée sur ce qui l'a intriguée dans le fait de collaborer avec Corinne Masiero et la réalisatrice et créatrice de la collection, Josée Dayan, Helena Noguerra répond : « Ça justement, d'être avec elles, les deux. J'avais de la tendresse à les regarder faire et j'étais contente d'être appelée à les rejoindre et de jouer comme une enfant avec elles. »

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Elle ajoute : « Quand on est comédien, on va d'une équipe à une autre, on est de la terre glaise, on est adaptable, on sait très bien aller d'un endroit à l'autre. Vous arrivez sur un plateau et c'est un plateau comme un autre, sauf qu'il y a ces deux personnes que vous aimez bien. On est habitué à ça, on est des petits mercenaires artistiques. On a notre petit rôle dans la valise, on ouvre la valise, on met le costume, on fait le rôle. Parfois on a le rôle principal, parfois on est invité. »

Son personnage Sandra et son duo avec Thierry Frémont

À propos de son personnage Sandra, elle explique : « On essaie de voir comment on peut les incarner, mais ce n'est pas forcément parce qu'ils nous ressemblent. Quand on est comédien, on passe sa vie à tout observer, à tout décortiquer. Vous observez les gens quand ils se fâchent, comment la colère commence, où est-ce qu'elle commence, comment elle s'exprime. C'est l'accumulation de toutes ces observations qui fait qu'à un moment, vous lisez un rôle et vous essayez de composer quelque chose. »

Quant à son duo avec Thierry Frémont, elle confie : « Thierry, je le connais depuis des années. Mais là on était les instruments de Josée. Elle décide où elle met ses caméras par rapport à ça. Parfois, elle a une idée. Elle dit : "Tu rentres, il est là, tu le regardes, tu ressors à ce moment-là". Et puis on joue. »

La pression d'intégrer « Marleau »

Helena Noguerra ne ressent pas de pression particulière à intégrer l'univers de la série : « Ce n'est pas très romantique, mais c'est mon travail. Je gagne ma vie en étant actrice. Bien sûr, j'ai le choix de dire oui, de dire non. Il y a des choses auxquelles je dis non. Il y a des choses auxquelles je dis oui. Parfois, vous y allez parce que vous aimez les gens. Là, en l'occurrence, Josée Dayan et Corinne Masiero. Et c'est super parce qu'on a ce travail qu'on aime et qu'on a choisi. »

La précarité du métier d'actrice

Interrogée sur la facilité à dire non dans ce métier, elle répond : « Le monde est composé de mini-sociétés, nous, c'est la société du spectacle. Il y a les grands patrons, les vedettes, les acteurs de catégorie A qu'on voit au cinéma tout le temps et qui, eux, reçoivent 20 ou 15 scripts par an, qui ont le loisir de choisir et qui peuvent dire non et qui ont, sans doute, beaucoup d'argent sous le pied et une autre vie. Mais sinon, la plupart des gens que vous voyez, artistes, ce sont des gens comme vous, des gens qui travaillent à la pige... »

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Elle évoque également son expérience avec la saga de M6, « Nouveau jour », qui n'a pas trouvé son public : « Voilà plus de 40 ans que je pratique ce sport. Et donc, tombe se relève, tombe se relève, comme Blanche Neige dans les bois. Le succès n'est pas tout le temps présent. Si vous n'êtes pas prêt à affronter les difficultés, vous changez de cap. Donc, oui, il y a une déception. Mais je ne peux pas dire que je vis un grand malheur, parce que j'arrive à prendre du recul et à ne pas prendre sur mes épaules l'échec. Ça fait partie du processus de mon métier. Et puis, surtout, j'ai la chance d'avoir un bon caractère. J'aime bien voir les choses du côté soleil. Je retiens l'expérience, le fait d'avoir travaillé six mois d'affilée dans un bel endroit, d'avoir eu un grand rôle, d'avoir fait cette expérience du format. »

Un métier de funambule

À la question de savoir quand elle a su qu'elle pourrait en faire son métier, elle répond : « Ça n'arrive jamais. J'en suis encore à me dire, est-ce que ça va durer ? Est-ce qu'il ne va pas falloir que j'ouvre une petite boutique ou un salon de thé à un moment ou à un autre ? En fait, la difficulté d'être artiste, c'est que même quand ça marche, il y a une sensation de précarité. Je parle en tout cas à mon niveau. Je ne sais pas si Meryl Streep se pose ce genre de questions. (rires) En tout cas, dans ma catégorie, j'ai parfois le doute et je suis toujours un peu fragile. J'ai quand même l'impression d'être un funambule et de marcher sur un fil, même si on ne dirait pas, même si quand je me raisonne, je me dis, ça va, tu vas arriver bientôt à la retraite. Ça va aller, plus que dix ans à tirer. Bon, ils ont mis la retraite à 67 ans, je vais bientôt en avoir 57. Donc, encore dix ans. Ça va aller, ma fille... (rires) Mais oui, c'est compliqué. Et j'ai aussi mes doutes et mes difficultés, bien que je fasse encore partie de ceux qui ne peuvent pas se plaindre. »

Capitaine Marleau, ce mardi 5 mai 2026 à 21h10, sur France 2.