Gus Van Sant ranime la flamme du cinéma indépendant avec "La Corde au cou"
Le cinéaste américain Gus Van Sant, récompensé par la Palme d'or à Cannes pour Elephant, fait un retour remarqué avec son nouveau film "La Corde au cou". Dans une interview exclusive, il décrit cette œuvre comme "une comédie existentialiste au sens français du terme", ranimant ainsi la flamme d'un cinéma indépendant fragilisé par la désertion des salles et le triomphe du streaming.
Un kidnapping rocambolesque sur fond de crise sociale
Le film retrace l'histoire improbable du kidnapping du fils d'un courtier par l'un de ses clients, Tony Kiritsis, interprété par l'excellent Bill Skarsgård. Ce businessman ruiné, s'estimant escroqué, entend récupérer son argent et son honneur par cette manœuvre désespérée.
L'action se déroule en 1977 à Indianapolis, dans le ventre mou d'une Amérique coincée entre deux chocs pétroliers. L'affaire se transforme rapidement en un foisonnant feuilleton télévisé qui annonce les grands raouts sensationnalistes dont se repaissent aujourd'hui les chaînes d'information et les réseaux sociaux.
Un prélude vintage de notre société contemporaine
Gus Van Sant tire de cette histoire une sorte de prélude vintage de notre société envahie par les écrans et l'entrechoquement des crises. Le réalisateur, qui a remplacé au pied levé Werner Herzog sur ce projet, amorce par là même un inattendu retour en grâce.
Le cinéaste confie : "Je me rappelle avoir lu l'information dans les journaux à l'époque, sans mesurer l'ampleur qu'elle prenait pour qui regardait la télévision. Je m'étais déjà installé à Los Angeles, où je travaillais comme assistant réalisateur."
Une continuité dans les histoires vraies
Ce film s'inscrit dans la tradition des histoires vraies qui réussissent particulièrement à Gus Van Sant. Après avoir brossé :
- La vie du militant gay Harvey Milk
- Reconstitué la tuerie de Columbine dans Elephant
- Imaginé les derniers jours de Kurt Cobain dans Last Days
Le réalisateur explore à nouveau les méandres de la réalité américaine, cette fois à travers le prisme d'un fait divers qui préfigure notre époque médiatique.
Un cinéma indépendant face aux nouveaux défis
Avec "La Corde au cou", Gus Van Sant ne se contente pas de raconter une histoire captivante. Il pose également un regard acéré sur l'évolution des médias et de la société, tout en défendant la vitalité d'un cinéma indépendant confronté à des défis sans précédent.
Le film représente ainsi bien plus qu'un simple retour du cinéaste : c'est une déclaration d'amour au cinéma d'auteur et une réflexion profonde sur notre rapport à l'information et au spectacle dans une Amérique en crise.



