Charlotte Gainsbourg incarne Gisèle Halimi dans "L'Affaire Marie-Claire"
Gainsbourg est Gisèle Halimi dans "L'Affaire Marie-Claire"

À l'occasion de la projection à Cannes, lundi soir hors compétition, de leur film « L'Affaire Marie-Claire », les réalisateurs Lauriane Escaffre et Yvo Muller ont estimé que leur démarche a « du sens en 2026, plus que jamais ». « Les droits acquis un jour peuvent être détricotés », ont-ils souligné, rappelant la fragilisation du droit à l'avortement aux États-Unis depuis 2022.

Un film-dossier rigoureux

Leur deuxième long-métrage est un cas d'école : un pur exemple de « film-dossier », qui vaut plus pour son sujet que pour ses qualités cinématographiques. Les cinéastes retracent avec rigueur le procès de la jeune Marie-Claire Chevalier (Saül Benchetrit), violée à 16 ans, puis jugée pour avortement illégal en 1972 à Bobigny (93).

Charlotte Gainsbourg en Gisèle Halimi

Charlotte Gainsbourg campe l'avocate Gisèle Halimi, dont la stratégie est exposée de manière limpide : transformer ces audiences en acte politique. « On ne fera pas votre procès mais le procès de la loi », explique-t-elle. La suite lui donnera largement raison. Ce temps fort médiatique et judiciaire fut un tournant sur le chemin de la légalisation de l'IVG en France, trois ans plus tard.

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Le récit décrit une avocate déterminée, concrète, qui tait ses doutes pour galvaniser Marie-Claire et sa mère (Cécile de France), d'autant plus impressionnées de faire face à la justice qu'elles viennent de milieux modestes. « Vous n'êtes pas coupables, mesdames, je crois en vous ! On ne baisse pas le regard, on ne s'excuse pas, sinon tout s'effondre ! », conseille-t-elle avant leur comparution. Elle-même doit affronter la désapprobation, l'hostilité de sa mère, qui lui reproche de ne pas être une « femme normale ».

Un traitement didactique

La matière est riche, pour un traitement hélas plat, didactique. On a plus l'impression d'un téléfilm que d'un film. Cette reconstitution a le mérite d'être claire, et le défaut d'être scolaire. On peut penser qu'elle sera surtout utile dans les collèges et les lycées, pour faire œuvre de pédagogie. Sortie en salle le 4 novembre.

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