Que retiendra-t-on de la soirée d’ouverture du Festival de Cannes, ce mardi 12 mai ? Qu’il n’a pas été question de politique. Pas le moindre « coup de gueule », pas la moindre référence aux malheurs du monde sinon une allusion à l’Iran, quand la maîtresse de cérémonie Eye Haïdara a évoqué « les peuples privés d’Internet ». Même Jane Fonda n’a pas eu un mot sur Trump. Cette retenue est assez nouvelle. Peut-être le signe que les stars se méfient de l’effet de certains discours, qui peuvent paraître hors sol quand ils sont tenus en robe de soirée à deux pas d’une baie peuplée de yachts.
La musique en majesté
Autre leçon : c’est du cinéma mais, décidément, la musique règne en majesté sur ce rituel. Trente ans après Vanessa Paradis et son « Tourbillon de la vie », deux ans après Zaho Sagazan et sa reprise de « Modern Love », les chanteuses Théodora et Oklou ont marqué cette cérémonie par une reprise fiévreuse de « Get Back » des Beatles.
Peter Jackson honoré
Comme prévu, le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson, génial architecte de la trilogie du « Seigneur des anneaux », l’homme qui, selon les mots du délégué général Thierry Frémaux, a fusionné « divertissement et démesure », a reçu une Palme d’honneur, des mains d’Elijah Wood, visage barré d’une fine moustache à la Clark Gable. Une consécration « inattendue et miraculeuse », a confié le cinéaste, qui parle vite – le traducteur a eu du mal à suivre.
Une soirée glamour
Eye Haïdara a animé la soirée avec grâce et énergie, devant une salle où on reconnaissait toute l’équipe du film d’ouverture, « La Vénus électrique » – Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Pio Marmaï… – mais aussi Louis Garrel, Philippine Leroy-Beaulieu, James Franco, Joan Collins, éternelle Alexis de « Dynasty », arrivée avec Laurent Lafitte, quel couple ! Chaque membre du jury, présidé par Park Chan-wook, a été applaudi, Demi Moore plus que les autres. À 19 h 50, Jane Fonda et Gong Li sont apparues pour déclarer solennellement ouverte cette 79e édition. Une Américaine, une Chinoise : une image pour dire l’aura mondiale du festival.



