Cannes 2026 : Peter Jackson reçoit une Palme d'honneur émouvante
Cannes 2026 : Palme d'honneur à Peter Jackson

Une Palme d'honneur pour Peter Jackson au 79e Festival de Cannes

La cérémonie d'ouverture du 79e Festival de Cannes, ce mardi 12 mai 2026, a été marquée par la remise d'une Palme d'honneur à Peter Jackson, l'auteur de la trilogie du « Seigneur des anneaux » au succès mondial, dont les premières images furent dévoilées sur la Croisette en 2001.

Et soudain, la standing ovation. Dans le Grand Auditorium du Palais à Cannes, quel que soit le statut de star ou d'anonyme, membre du jury ou simple spectateur, tous se sont levés à l'unisson pour applaudir à tout rompre Sir Peter Jackson, le cinéaste anobli en son pays (La Nouvelle-Zélande) et mondialement vénéré pour sa trilogie du Seigneur des anneaux. Un peu plus tôt, c'est ce petit homme, un peu engoncé dans son smoking réglementaire, qui était également flashé à tout va sur le tapis rouge. Un immense cinéaste qui a monté les marches du Palais comme il a gravi tous les sommets du box-office, et auxquels les studios Hollywoodiens font plus que jamais les yeux doux. Un créateur de génie, un faiseur de rêves, qui a réussi la prouesse de réussir l'adaptation de l'œuvre littéraire de J.R.R. Tolkien, pour en faire l'une des plus épiques sagas sur grand écran. Alors face à lui, l'ensemble des festivaliers invités à la cérémonie d'ouverture du 79e Festival de Cannes semblait constituer une solide communauté du 7e art, à l'image de la communauté de l'Anneau qu'il a si brillamment mis en scène. Unie dans cette quête d'imaginaire, qui défie les frontières et les régimes autoritaires.

Elijah Wood ému et moustachu pour remettre la Palme d'honneur

Paré d'une moustache à la Clark Gable dont s'est gentiment amusé Peter Jackson (« il y aura un rôle pour toi si on fait un remake d'Autant en emporte le vent ! »), Elijah Wood, inoubliable interprète du hobbit Frodon Sacquet, n'était pas peu fier de décerner le « précieux » trophée à son mentor et ami. « J'avais 18 ans quand je l'ai rencontré la première fois pour une audition à Los Angeles. Quand on m'a dit que je jouerai Frodon, je me suis assis par terre car je savais qu'il y aurait un avant et un après », a clamé l'acteur à l'éternel visage d'adolescent, avant de retracer le parcours de Peter Jackson. Un artisan cinéaste du bout du monde à Wellington, qui a d'abord « bricolé » des films gores avant de devenir un maître à blockbusters (King Kong, la deuxième trilogie du Hobbit…). « Je n'aurais jamais imaginé que je gagnerais un jour une Palme à Cannes car je ne fais pas de films qui peuvent y prétendre, a modestement souligné l'intéressé. C'est une immense surprise et un honneur. »

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Un hommage à la communauté du cinéma

Mais surtout pas une incongruité. Car c'est bien ici, sur la Croisette, que la légende a écrit son premier chapitre. C'était en 2001, avec une projection en avant-première mondiale de vingt minutes de La Communauté de l'anneau. « C'était un gros pari de vouloir faire trois films, les médias ne parlaient alors que d'échec, mais on a fini ces vingt minutes pour Cannes et il y a eu un tel accueil que ça a changé la perspective du film ! » Avec en ligne de mire... 17 oscars et 3,3 milliards de dollars.

Une belle histoire comme les aime le 7e art. Et ce grand rituel cannois, pour en consolider les meilleurs souvenirs, à l'heure où les plateformes et diverses crises paraissent parfois menacer son avenir. « S'il y a un endroit qui continue de nous réunir, c'est bien Cannes, c'est le cinéma et ces histoires qui résonnent au creux de notre poitrine ! », a d'ailleurs revendiqué Eye Haïdara, dont la prestation de maîtresse de cérémonie fut réussie. Sans fausse note.

D'autant plus que l'actrice a dialogué avec le sublime violon de Miri-Ben Ari. Et puisque c'est une comédie, La Vénus électrique, qui était projetée ce mardi soir, ce fut aussi un hommage au rire, « une forme de courage qu'on sous-estime toujours un peu », malgré des larmes contenues lorsque le portrait de Nathalie Baye est soudain apparu.

Après le mime de scènes cultes, ce fut aussi le thème (musical) éternel d'Un homme et une femme, sous le regard ravi de Claude Lelouch et de sa compagne Valérie Perrin. Parce que même lorsque les temps sont durs, l'amour reste une valeur sûre, surtout lorsque la valse des sentiments crève ainsi le grand écran.

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Et alors que le jury de Park Chan-wook (avec notamment Demi Moore et Stellan Skarsgård) avait pris place, juste avant que Gong Li et Jane Fonda ne déclarent l'ouverture du Festival comme on fait acte de résistance, la chanteuse Theodora et la Française Oklou ont joliment réinterprété Get Back. Tant pour faire écho au documentaire de Peter Jackson sur les Beatles, que pour l'inciter, sans doute, à revenir éclairer de sa grande lumière le cinéma.