Festival de Cannes 2026 : un cru marqué par la force française et l'absence relative d'Hollywood
La présentation de la sélection officielle du 79e Festival de Cannes, ce jeudi 9 avril 2026, par Iris Knobloch, présidente de l'événement, et Thierry Frémaux, délégué général, a dessiné une cartographie cinématographique où la France occupe une place centrale, accompagnée de l'Espagne et du Japon, tandis que les États-Unis apparaissent en retrait. « Rassembler des films et des artistes de partout n'est pas un luxe mais une nécessité », a déclaré Iris Knobloch, répondant indirectement aux critiques récentes sur l'entre-soi supposé du festival.
Une compétition internationale et renouvelée
Sur les 2541 longs-métrages soumis cette année, issus de 141 nationalités, la compétition accueille un record de onze nouveaux réalisateurs et compte cinq réalisatrices parmi les 21 films sélectionnés. Thierry Frémaux a tenu à souligner cette diversité, réagissant aux accusations de caste : « Une caste de 141 pays donc ». La France confirme son statut de centre de gravité du cinéma d'auteur, avec des projets attendus portés par des figures majeures.
Parmi les incontournables, Pedro Almodóvar brigue une septième Palme d'or avec « Autofiction », tandis que le Japonais Hirokazu Kore-eda, palme 2018, présente « Sheep in the Box ». Le Roumain Cristian Mungiu, lauréat en 2007, revient avec « Fjörd ». Autre retour notable, celui du Russe Andreï Zvyagintsev, après douze ans d'absence, avec « Minotaur », plongée dans la bourgeoisie russe face à la conscription.
Le grand retour des stars françaises
Côté acteurs, la compétition marque le retour en force de Virginie Efira et Léa Seydoux. Efira défendra deux films : « Soudain » du Japonais Ryusuke Hamaguchi et « Histoires parallèles » de l'Iranien Asghar Farhadi, aux côtés d'Isabelle Huppert, Catherine Deneuve et Pierre Niney. Seydoux portera « Gentle Monster » de l'Autrichienne Marie Kreutzer et « l'Inconnue » d'Arthur Harari, ce dernier étant décrit par Frémaux comme « un des films les plus discutés au sein du comité de sélection ».
Adèle Exarchopoulos incarnera quant à elle une actrice alcoolique dans « Garance », première incursion en compétition de la réalisatrice Jeanne Herry. Les projets français incluent également « Histoires de la nuit » de Léa Mysius, adapté du best-seller de Laurent Mauvignier, et « Moulin » de László Nemes sur la Résistance française.
La discrète présence américaine
Thierry Frémaux a évoqué avec euphémisme une « présence moindre » des studios étatsuniens cette année. Aucun film majeur de réalisateurs comme Steven Spielberg, Joel Coen ou Christopher Nolan ne figure dans la sélection, reflétant une tendance des majors à privilégier la Mostra de Venise pour la course aux Oscars. La représentation américaine passe principalement par des participations dans des productions étrangères ou des documentaires en Séances spéciales.
Parmi les absences notables, on relève également le peu de films hollywoodiens traditionnels, mis à part des projets comme « Vol de nuit pour Los Angeles », première réalisation de John Travolta. Cette configuration souligne un rééquilibrage vers un cinéma plus européen et asiatique.
Les temps forts et les honneurs
Le jury sera présidé cette année par le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook, et les cérémonies seront animées par la comédienne Eye Haïdara. Le film d'ouverture, présenté hors compétition, sera « la Vénus électrique » de Pierre Salvadori. Des palmes d'honneur seront remises à Peter Jackson et Barbra Streisand, symboles d'un Hollywood engagé qui semble désormais lointain.
La sélection 2026, bien que perçue comme moins dense par certains observateurs, promet des débats passionnés et met en lumière la vitalité du cinéma français et international, dans un contexte où les États-Unis choisissent de rester en retrait.



