Le barman du Martinez vit son dernier Festival de Cannes après 42 ans
Barman du Martinez : dernier Festival de Cannes après 42 ans

Olivier Blanchard, orfèvre de la mixologie, est sur le pont pour son dernier Festival. Après 42 ans derrière le bar de l’hôtel Martinez, il va raccrocher shaker, chemise blanche, veste et cravate bleue fin mai. « Avec un peu d’appréhension », confie-t-il, sourire bonhomme.

Un parcours hors du commun

Fils d’agriculteurs bretons, né à Redon en 1965, Olivier Blanchard a débuté à 14 ans dans un petit restaurant de son quartier. Après un BEP service à Saint-Nazaire, il débarque à Cannes avec sa femme en 1985, répondant à une annonce pour un poste de serveur barman au Martinez. Il n’en est plus reparti. « Le Martinez, c’est une grande famille. Très conviviale et sans routine », raconte-t-il.

Des stars sans étoiles

En 42 Festivals, il a vu défiler Andie MacDowell, Jane Fonda, Morgan Freeman, Will Smith, Samuel L. Jackson, Quentin Tarantino, sans jamais demander de photos ou autographes. « Les marches, cela ne me fait pas rêver. Tout ça, c’est bling-bling », dit-il. Il préfère les anecdotes : « Dans les années 1990, j’avais fait un cocktail pour Christophe Dechavanne : le monokiwi ! Johnny, très abordable, appréciait le vin blanc. J’ai passé de bons moments avec Michel Polnareff, qui aime la vodka. »

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Les années Canal+

Les souvenirs des flamboyantes années Canal+ affluent. « On a bien rigolé avec les Nuls. L’émission Nulle Part Ailleurs était tournée dans le bar au début. Michel Denisot venait toujours m’acheter un cigare. » À l’époque, l’équipe comptait quinze barmen, contre six aujourd’hui. « On pouvait servir 5.000 bières en une soirée, c’était 50.000 francs de recette ! »

Un maestro de la mixologie

Olivier Blanchard a remporté plusieurs concours de cocktails, comme la Coupe Martini au niveau régional. « Je voulais être le meilleur. J’étais incollable sur la connaissance des produits, la fabrication des alcools. » Lui-même consomme peu : « J’aime bien les vieux rhums, la caïpirinha. »

L’art de tisser du lien

« Un bon barman, c’est pas le type qui fait le show avec son shaker mais qui sait discuter avec le client. On est un peu psy, mais on évite les sujets politiques », sourit-il. Pendant le Festival, il distribue des pass d’accès à ses clients habitués. Pour son dernier tour de piste, il aura sûrement un pincement au cœur, mais il préfère se concentrer : « Qu’est-ce que je vous sers, Monsieur ? »

Trois présidents servis

Parmi ses meilleurs souvenirs, il évoque les trois présidents de la République qu’il a servis : François Mitterrand en 1986 lors d’un sommet franco-africain, Jacques Chirac à la Palme d’Or, et François Hollande. « Mitterrand aimait le jus de tomate, Chirac prenait de la Corona avec du citron. »

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