Bandi sur Netflix : la saga familiale martiniquaise qui évite les clichés
Bandi : la série Netflix qui évite les clichés martiniquais

Bandi sur Netflix : plongée dans une fratrie martiniquaise aux prises avec le trafic de drogue

« Je sais que c'est chaud, on est dans le dur ». Cette réplique résume bien l'atmosphère de Bandi, la nouvelle série originale Netflix créée par Éric Rochant, le père du Bureau des légendes, et sa fille Capucine. Rien ne laissait présager que la famille Lafleur allait connaître pareille destinée dramatique.

Une fratrie de onze orphelins confrontée à l'adversité

À la mort brutale de leur mère et alors que leur père est incarcéré, les onze enfants de la fratrie Lafleur, originaires de Martinique, doivent se serrer les coudes pour survivre. Certains n'hésiteront pas à jouer avec le feu, s'engageant dans des activités illicites qui mettront toute la famille en danger.

Le titre Bandi est particulièrement évocateur : en créole martiniquais, il peut signifier à la fois « bandit, voyou, criminel » et « gamin intrépide » ou « casse-cou ». Une ambiguïté qui reflète parfaitement la complexité des personnages et de leurs choix.

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Un casting 100% martiniquais et une production ambitieuse

Éric et Capucine Rochant ont auditionné entre 3.000 et 4.000 personnes pour distribuer les rôles principaux, avec pour objectif de constituer un casting entièrement local. Seul Jonathan Zaccaï, déjà présent dans Le Bureau des légendes, fait exception à cette règle.

Les talents martiniquais dominent largement l'affiche, avec notamment Djody Grimeau et Rodney Dijon dans les rôles de Kylian et Kingsley Lafleur. Ces deux enfants terribles se laissent progressivement aspirer par la spirale infernale du trafic de drogue à grande échelle, impliquant des containers entre Fort-de-France et Le Havre, bien loin des petits deals de quartier.

Une narration qui évite le manichéisme

« Une connerie pour la famille, ça s'appelle pas une connerie. Ça s'appelle une dinguerie », lance Kingsley à ses proches. Cette « dinguerie » obligera chacun des membres de la famille à rendre des comptes, des plus jeunes aux plus âgés.

Si Bandi est indéniablement une série de genre qui suit la métamorphose de jeunes plongeant dans le grand banditisme, elle conserve jusqu'au bout son ADN familial. La narration se concentre intensément sur les liens du sang et les dynamiques complexes au sein de la fratrie Lafleur.

Une production technique impressionnante

Les chiffres de production témoignent de l'ambition du projet :

  • 107 jours de tournage en 2025
  • 1.500 figurants mobilisés
  • 82 rôles dédiés spécifiquement à des talents martiniquais

Cette série constitue la première production Netflix réalisée sur l'île de la Martinique, marquant ainsi un tournant dans la représentation des territoires ultramarins à l'écran.

Une originalité narrative et géographique

Déclinée en 8 épisodes d'une heure, Bandi échappe aux codes formatés des séries contemporaines. Loin des clichés ou de la série carte postale que l'on aurait pu craindre, elle propose un récit ancré dans le réel, parfois déstabilisant, mais toujours prenant le temps de développer ses personnages.

La singularité géographique de la série est renforcée par une bande-son 100% caribéenne, créant une immersion totale dans l'univers martiniquais. Les seconds rôles sont particulièrement enthousiasmants, et la porte reste ouverte pour une éventuelle saison 2 sans créer de frustration à la fin du huitième épisode.

Bandi parvient avec brio à susciter de la compassion pour ses personnages, même lorsqu'ils commettent des actes délictueux. Le spectateur en vient presque à espérer que leur mission réussisse et que cette famille à laquelle on s'attache inexorablement ne soit pas séparée. Une réussite narrative qui mérite toute l'attention des amateurs de séries ambitieuses.

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