Avril Besson dévoile « Les Matins merveilleux », un premier film sensible tourné dans le Var
Avril Besson : « Les Matins merveilleux », un film sensible

Le premier long-métrage d'Avril Besson, « Les Matins merveilleux », sortira en salles le 29 juillet. Présenté en avant-première au Luc, dans le Var, le film a été tourné en grande partie dans cette région, notamment au Lavandou. La réalisatrice était de retour sur les lieux du tournage pour présenter son œuvre, accompagnée de l'équipe du film.

Une histoire de deuil et de renaissance

Après le décès de sa grand-mère, Charlie, le personnage principal, découvre une caisse de vinyles accompagnée d'une consigne : les remettre à Titou, un amoureux du disco installé sur les rives du Lavandou. Elle fuit Paris et son deuil pour une bouffée d'air frais, entamant ainsi une renaissance et un voyage dans les pas de sa mère. Le film explore avec subtilité les émotions liées à la perte et à la découverte de soi.

Un tournage sous tension

Interrogée sur l'appréhension ressentie lors du tournage, Avril Besson confie : « Rien n'a changé ! Il y a toujours autant d'appréhension car ça reste mon premier film. Maintenant, il faut le montrer et faire en sorte qu'il rencontre son public. » Elle ajoute que cette tension est aussi un moteur : « C'est aussi un sentiment qui permet d'être concentrée, de faire les choses bien et d'essayer d'accompagner au mieux le film. »

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Le projet, qui mûrissait depuis 2017, a connu des conditions de tournage difficiles. « Le tournage a été assez difficile. Le film s'est fait dans des conditions un peu compliquées. On a eu un tout petit budget, donc très peu de temps. Dans ces cas-là, il faut toujours être en mode survie. Ce sont des calculs permanents. J'étais vraiment épuisée, inquiète de ne pas y arriver », se souvient la réalisatrice. Cette pression a infusé une mélancolie qui n'était pas présente dans le scénario initial, initialement conçu comme une comédie.

Une œuvre intime et universelle

Le film est profondément personnel : « Ce sont mes vêtements, on entend le dernier message que ma grand-mère m'a laissé, cela se passe au Lavandou où j'ai passé tous mes étés », révèle Avril Besson. Malgré cette intimité, elle se sent « hyper bien » de partager cela avec le public. « Plus on met de choses intimes, plus on touche à quelque chose d'universel. Dès les premiers retours, tout le monde revoit sa grand-mère. Je trouve que c'est assez beau de donner ça. » En revanche, sa sœur, la comédienne Camille Cottin, a eu une réaction plus mitigée : « Quand ma sœur a vu le film, cela a été un peu dur pour elle. Elle ne s'y attendait pas, mais après, cela rentre dans la fiction. »

Identité de genre et militantisme

Avec le personnage de Marina, interprété par Raya Martigny, le film aborde les questions d'identité de genre sans être militant. « Ce n'est pas une leçon de morale. Tout film qui donne la parole à des personnages issus de minorités est militant pour moi, mais pas de façon agressive. Il est militant par l'humain », explique la réalisatrice. Raya Martigny a déclaré au Festival de Cannes qu'elle était « hyper heureuse » car des personnes de tous âges et genres pouvaient se reconnaître dans son personnage, au-delà de l'identité de genre.

Eric Cantona, un choix à contre-emploi

Le casting comprend Eric Cantona dans le rôle de Titou. « Eric est très doux, c'est quelqu'un d'hypersensible et généreux », souligne Avril Besson. Elle l'avait repéré dans la série « Dérapages », où il incarnait un père perdu. « Je l'avais vu dans la série Dérapages et j'avais adoré la première partie où il apparaît en père perdu qui ne trouve plus sa place dans sa famille. Il jouait cela hyper bien, cette virilité fracassée. » Cantona, souvent cantonné à des rôles de flic ou de voyou, a remercié la réalisatrice de lui offrir ce rôle différent, plus proche de sa personnalité d'artiste peintre et musicien.

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India Hair, une mélancolie joyeuse

India Hair, premier choix pour le rôle principal, apporte selon la réalisatrice une « mélancolie joyeuse ». « Elle est incapable d'aller vers une émotion mélodramatique. Elle est toujours dans un truc un peu inapproprié par rapport aux situations. Il y a une espèce de déflagration émotionnelle pendant le deuil : on ne sait jamais vraiment quelles émotions on est en train de ressentir. India a une façon très élégante de jongler entre les émotions, quelque chose de très britannique finalement. C'est drôle, absurde, burlesque. Elle a une maladresse que j'aime et qui est très poétique. »

« Les Matins merveilleux » promet ainsi une exploration sensible des sentiments, portée par un casting de choix et une réalisation ancrée dans le Var.