Rochefort revisité : des adolescents filment la mémoire des Demoiselles de Rochefort
Adolescents filment la mémoire des Demoiselles de Rochefort

Rochefort célèbre les 60 ans des Demoiselles avec un projet intergénérationnel

Ce mardi 14 avril, le marché de Rochefort a été le théâtre d'une initiative cinématographique originale. Cinq adolescents âgés de 12 à 16 ans, équipés d'une caméra et d'une perche, ont abordé les passants avec une question simple mais chargée de sens : « Connaissez-vous Les Demoiselles de Rochefort ? ». Ces jeunes réalisateurs en herbe sont sur les traces du film culte de Jacques Demy, sorti en 1967 mais tourné au printemps 1966 dans les rues de leur ville, il y a précisément soixante ans.

Un court-métrage pour faire revivre la mémoire collective

Leur objectif est ambitieux : réaliser un court-métrage d'une quinzaine de minutes pour comprendre comment Rochefort a vécu avec l'héritage des Demoiselles de Rochefort pendant six décennies. Ils cherchent à identifier les lieux emblématiques du tournage, à saisir le rapport des habitants à cette œuvre qui a mis leur ville en lumière, et à recueillir les souvenirs des témoins de l'époque.

Ce projet éducatif a été lancé par le festival Sœurs Jumelles, avec l'accompagnement du réalisateur Nicolas Datillesi et en collaboration avec l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance). Pour ces cinq adolescents dont l'énergie débordante nécessite parfois d'être canalisée, cette expérience représente bien plus qu'un simple exercice cinématographique.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Premiers pas derrière la caméra

Lors de cette première journée de tournage, l'accent a été mis sur la collecte de témoignages via des micro-trottoirs. Les questions fusent :

  • « Vous avez aimé le film ? »
  • « Vous habitiez Rochefort au moment du tournage ? »
  • « Vous vous souvenez de la Kermesse ? »
  • « Est-ce que Rochefort serait la même sans ce film ? »

Nicolas Datillesi guide les jeunes avec pédagogie : « Quand vous posez des questions, il faut être attentif aux réponses des gens pour rebondir avec une autre bonne question derrière. Et puis faire attention à l'âge des passants que vous interviewez. Ne demandez pas à un jeune s'il se souvient du tournage par exemple ! »

Apprentissages techniques et personnels

Pour Horatia, 15 ans, cette expérience est à la fois excitante et intimidante : « J'ai vu le film pour la première fois il y a quelques semaines. J'aime beaucoup la partie de danse et de musique. Mais je trouve ça stressant d'aborder des inconnus avec une caméra. » Vaincre sa timidité, maintenir sa concentration pendant plusieurs heures, maîtriser le matériel technique – autant de défis qui constituent des apprentissages précieux.

Chaque adolescent trouve dans ce projet une motivation personnelle. Lilou, 16 ans, confie : « Moi j'aimerais travailler dans la musique, alors ça me permet de tester. » Camille, 12 ans, ajoute : « Moi j'avais déjà vu le film et je voulais voir l'envers du décor, et rencontrer de nouvelles personnes. Au final, je trouve que la caméra, c'est plus maniable que le téléphone, tu as un meilleur appui. »

Boucler la boucle historique

Après quelques heures supplémentaires de tournage – incluant des séquences de fiction qui seront intégrées au montage final – les jeunes réalisateurs découvriront les techniques de montage au sein des studios de l'Alhambra à Rochefort. Ce lieu est particulièrement symbolique puisqu'il a accueilli les équipes de Jacques Demy il y a soixante ans, créant ainsi une continuité historique remarquable.

Leur court-métrage sera projeté fin mai lors d'une cérémonie organisée par la Ville de Rochefort, puis diffusé pendant le festival Sœurs Jumelles fin juin. Ce projet ne se contente pas de documenter le passé ; il forme une nouvelle génération à la création cinématographique tout en renforçant les liens intergénérationnels autour d'un patrimoine culturel partagé.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale