Top Hat au Châtelet : un hommage étincelant à Fred Astaire et Ginger Rogers
Lorsqu'ils apparaissent dans Top Hat (Le Danseur du dessus), le célèbre musical en noir et blanc réalisé en 1935 par Mark Sandrich, Fred Astaire et Ginger Rogers forment un couple glamour qui a déjà brillé dans Carioca et La Joyeuse Divorcée (du même Sandrich). Ensemble, ils imposent un genre où le chant et la danse ne font qu'un et qui culminera plus tard avec Chantons sous la pluie.
Du grand écran à la scène
Du grand écran à la scène, Top Hat est devenu naturellement un spectacle musical, conçu par la chorégraphe et metteuse en scène Kathleen Marshall. Après Londres, elle le présente dans son jus au Châtelet, avec des décors et des costumes d'époque. Place aux paillettes, aux queues-de-pie, aux chapeaux hauts de forme et aux claquettes !
Effet kitsch garanti avec une troupe bondissante de seize artistes et six solistes, qui jouent, chantent et dansent à l'unisson, propulsés par un orchestre de onze musiciens. Cette adaptation scénique restitue avec brio l'élégance et la vitalité des années 1930.
Les chansons intemporelles d'Irving Berlin
C'est l'occasion de découvrir et de savourer les chansons entêtantes comme Puttin' On the Ritz, Let's Face the Music and Dance ou Cheek to Cheek, écrites par le célèbre compositeur Irving Berlin, mort à 101 ans en 1989. Ce fils de Biélorusses exilés aux États-Unis faisait partie des rois de Broadway, les mythiques Big Five, avec George Gershwin, Cole Porter, Jerome Kern et Richard Rodgers.
Il fut vite remarqué lorsqu'il signa une chanson pour le premier film parlant, Le Chanteur de jazz. La partition scénique de Top Hat, qui bénéficie de neuf chansons supplémentaires puisées dans le vaste répertoire d'Irving Berlin, reste fidèle à l'esprit du vaudeville des années 1930.
Une intrigue légère et enlevée
L'intrigue est banale, mais vite rattrapée par le talent et l'énergie de la troupe. L'histoire ? Jerry Travers, un célèbre danseur-chanteur américain en tournée à Londres, répète un numéro de claquettes dans sa chambre d'hôtel, tard dans la nuit. Ce qui empêche de dormir sa voisine du dessous, la top-modèle Dale Tremont.
Quand ils finissent par se rencontrer, Jerry a le coup de foudre. Problème : Dale prend Jerry pour le mari de sa meilleure amie, Madge Hardwick, et fait tout pour repousser les avances de son soupirant.
Un tourbillon de quiproquos et de rebondissements
Quiproquos, rebondissements, fausses pistes, promesses et tromperies sont le carburant de Top Hat, dont les tableaux d'ensemble s'enchaînent avec un rythme impeccable. De New York à Londres en passant par Venise, grâce à un plateau tournant, tout est léger, fluide et drôle.
On se laisse vite embarquer dans ce tourbillon musical porté par un couple au talent multiple : Phillip Attmore, qui reprend le rôle de Fred Astaire, et Nicole-Lily Baisden celui de Ginger Rogers. Le reste de la distribution est à la hauteur de cette comédie musicale dans la tradition de Broadway.
Un vrai et bon divertissement qui transporte le public dans l'âge d'or du cinéma musical. Top Hat est à voir au théâtre du Châtelet (Paris 1er) jusqu'au 3 mai, offrant une escapade joyeuse et nostalgique.



