Nikos Aliagas dévoile sa sensibilité photographique dans l'exposition 'Les grands âges'
Nikos Aliagas expose sa vision du vieillissement au Musée de l'Homme

Nikos Aliagas révèle son art photographique dans une exposition émouvante

« Je ne te cache pas que je suis un peu plus stressé que quand je suis devant les caméras d’un plateau de variété, avec un décompte dans l’oreille. Parce que dans ces cas-là, je sais plus ou moins comment ça va se passer. Avec une expo, on ne sait jamais », confie Nikos Aliagas, rencontré au Musée de l’Homme à Paris début avril pour l’émission « Scope ! » de 20 Minutes TV. L’entretien se déroule pendant l’accrochage de ses photographies pour l’exposition « Les grands âges », visible dès ce mercredi et jusqu’au 3 janvier.

Une exploration du temps et des générations

Les clichés en noir et blanc présentent des personnes de plus de 65 ans, célèbres ou anonymes, proches ou inconnues de Nikos Aliagas. Ces images invitent les visiteurs à réfléchir sur le vieillissement, les liens intergénérationnels et la considération envers les aînés. Elles révèlent aussi la sensibilité de l’animateur, confirmant son statut d’artiste.

Collaboration avec un scientifique

Nikos Aliagas a travaillé avec le biodémographe Samuel Pavard pour construire cette exposition. « On a fait pas mal de réunions pour voir si on avait un tronc commun dans notre approche, moi derrière l’appareil photo et lui en tant que scientifique. Ce sont l’affect et les émotions qui nous ont unis », explique-t-il. Il a appris à approcher des personnes âgées, comme une centenaire en Ehpad, sans préjugés, soulignant que le grand âge est une forme de résistance et de densité.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le défi de photographier les aînés

Photographier des personnes âgées nécessite du dialogue et de la tendresse. « On est tous le vieux de quelqu’un. Le temps long que nous offre le grand âge est un temps de réflexion », note Nikos Aliagas. Il évite les stéréotypes pour capturer l’essence de chaque individu, rappelant que chacun porte le témoignage de sa vie sur son visage.

Rapport au vieillissement et à la photographie

Interrogé sur son rapport au vieillissement, Nikos Aliagas déclare : « J’ai surtout peur de ne pas vieillir. Vieillir, c’est aussi avoir la possibilité de témoigner, de passer le relais, de transmettre. » Sa passion pour la photographie est née en découvrant des clichés de ses ancêtres, lui faisant prendre conscience de la temporalité. « Je photographie pour dire : ‘Je me souviens’. Ce ne sont pas des souvenirs : je me souviens et c’est parce que je me souviens que j’en tiens compte pour vivre demain. »

Retour à la photographie après la télévision

Après une carrière à la télévision, Nikos Aliagas a repris la photographie il y a vingt ans, assumant progressivement cette facette de son art. « Les photos, elles parlent pour toi. Si elles n’ont rien à dire, tu n’as rien à dire non plus », affirme-t-il. Chaque exposition, comme celle à la Conciergerie en 2016, est pour lui un partage intime avec le public, où l’émotion prime sur la mise en avant personnelle.

Perspectives sur l’avenir et l’intelligence artificielle

Évoquant la retraite, Nikos Aliagas envisage une « retraite spirituelle » et discute de l’impact de l’intelligence artificielle dans le divertissement. « Bien sûr, les animateurs pourront être remplacés par l’IA ! Tu pourras prendre un animateur d’aujourd’hui, le mettre dans un costume des années 1970 et il présentera une émission culte », prédit-il. Il reste cependant attaché au travail authentique, héritage de sa famille modeste, et souligne l’importance de poursuivre ce qui rend heureux plutôt que la richesse.

L’exposition « Les grands âges » offre ainsi un regard poignant sur la vieillesse, mêlant art et réflexion sociale, et confirme Nikos Aliagas comme un artiste polyvalent et engagé.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale