Le graffeur bayonnais Flow en finale du Golden Street Art avec une fresque monumentale à Calais
Flow, graffeur bayonnais, finaliste du Golden Street Art

Le graffeur bayonnais Flow en lice pour le titre national du Golden Street Art

Le graffeur bayonnais Florian de Elizondo, connu sous le pseudonyme Flow, s'est qualifié pour la finale du tournoi national du Golden Street Art grâce à une impressionnante façade réalisée à Calais. Mesurant 12 mètres de hauteur sur 9 mètres de largeur, cette œuvre monumentale place l'artiste parmi les trois finalistes du concours qui désigne les plus beaux graffitis de France. La compétition s'achève ce dimanche 15 février à 13 heures, laissant environ une semaine supplémentaire pour les votes décisifs.

Une semaine de travail acharné pour une inspiration asiatique

Flow a investi plus de 60 heures de travail réparties sur une semaine complète pour créer un portrait aux influences asiatiques et samouraïs. « C'était ma première façade, c'était un peu un défi. Sur une soixantaine d'œuvres en compétition, être à ce niveau est extrêmement gratifiant, je suis vraiment fier », confie l'artiste depuis le hall de l'école d'art de Bayonne. Son univers artistique s'est construit progressivement à partir d'inspirations de jeunesse, fortement marqué par l'univers du cinéma et de la bande dessinée.

« Ce qui m'a inspiré pendant des années, c'était principalement le cinéma. J'ai ainsi réalisé de nombreuses peintures réalistes inspirées de scènes cultes comme celles de 'Pulp Fiction', des films de Tarantino ou de Scorsese », détaille Flow en évoquant ses débuts.

Des débuts au lycée jusqu'à la reconnaissance nationale

L'histoire de Flow avec le graffiti commence au lycée, à l'âge de 16 ans, en 2001. Entouré d'une bande d'amis animée par la culture hip-hop, il fait ses premiers pas artistiques. « On écoutait du rap, on avait 16 ans. On s'est intéressé au graffiti donc on est allé peindre sur un mur en face du lycée Malraux à Biarritz », se souvient-il avec nostalgie. Très rapidement, cette pratique devient une véritable passion, presque un besoin vital.

« Au début, on proposait nos services aux commerçants pour décorer leurs rideaux de fer. On le faisait gratuitement, mais c'était surtout pour se faire connaître et gagner en visibilité », révèle Florian de Elizondo. Deux ans plus tard, en 2003, l'ouverture d'un cours de graffiti à l'école d'art de Bayonne lui permet de poursuivre son apprentissage de manière plus structurée. « J'ai fait mes armes là-bas, j'allais à ce cours et je peignais, je peignais, je peignais sans relâche », raconte-t-il.

L'accélération d'une carrière prometteuse

Le tournant décisif de sa carrière survient en 2010, lorsqu'il réalise sa première exposition à Biarritz. À cette époque, le street art n'avait pas encore atteint la popularité actuelle. Des artistes comme Banksy commençaient tout juste à émerger, et les expositions représentaient un véritable pari pour les galeristes.

« Une galerie ouvrait à Biarritz, elle m'a contacté et j'ai accepté le défi. C'était vraiment intense : je devais produire une vingtaine de toiles en seulement trois mois. J'étais le deuxième ou le troisième artiste qu'elle exposait, donc c'était un vrai pari de confiance », explique Florian. Au fil des années, son style a évolué, passant de visuels bruts inspirés du cinéma et de l'univers mafieux à des œuvres plus apaisantes et souriantes.

« J'ai envie que les personnes qui contemplent mes fresques aient le sourire. Il y a dix ans, je créais des images assez dures, souvent liées au cinéma. J'étais très inspiré par les films de mafieux, donc mes œuvres étaient assez violentes. Mais aujourd'hui, je privilégie des visuels qui apaisent, peut-être un effet de l'âge », plaisante le finaliste, un sourire en coin.

Une course contre la montre pour la victoire finale

Actuellement classé deuxième au sondage, Flow dispose de quelques jours supplémentaires pour convaincre le public et remporter le titre national du Golden Street Art. Les votes sont ouverts jusqu'au 15 février, date à laquelle le vainqueur sera officiellement désigné. Cette compétition met en lumière le talent et la persévérance d'un artiste qui, depuis ses débuts modestes à Biarritz, a su s'imposer comme une figure majeure du street art français.