Cybersécurité : les fuites de données n'épargnent aucun ministre régalien
Cybersécurité : fuites de données chez tous les ministres

Les attaques tous azimuts visant à démontrer la fragilité de la France en matière de cybersécurité n'épargnent pas le plus haut niveau de l'État. Si vous soupirez en constatant qu'en deux semaines, vos données personnelles et familiales ont été aspirées à la fois dans le piratage de la mutuelle de votre conjoint, celui de Center Parcs et de Gîtes de France, sans compter la fédération de sport d'un de vos enfants, vous pourrez au moins vous dire que vous n'êtes pas seuls. Mais il n'est pas certain que cela vous console. Au contraire, l'estimation faite par Le Monde et relayée par la newsletter politique de Libération des fuites de données personnelles au gouvernement a de quoi vous déprimer davantage.

Un palmarès peu enviable

Car selon Le Monde, le flux continu de fuite de données qui sévit en France n'a épargné ces dernières années aucun des ministres régaliens. À ce palmarès peu enviable, c'est le titulaire du portefeuille des Affaires étrangères qui remporte la palme : 28 fuites. Mais les ministres anciens ou actuels des Armées, de l'Intérieur figurent aussi en bonne place : 18 fois pour Catherine Vautrin (Armées, ex-Travail et Santé), 15 pour Gérald Darmanin (Justice, ex-Intérieur).

L'adresse du Premier ministre en ligne

Même le Premier ministre Sébastien Lecornu, au temps où il était ministre des Armées, avait vu fuiter son adresse privée via un site de commerce en ligne. Neuf fuites sont comptabilisées le concernant, trois pour son ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez – parce qu'il est plus récemment arrivé au premier plan ou parce que sa sécurité est bien assurée ? – et dix pour le titulaire de Bercy Roland Lescure. Encore ces chiffres ne sont-ils que ceux liés à des « fuites publiées en ligne ». Autant dire que la réalité doit vraisemblablement dépasser ce décompte.

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Que faire quand cela se produit ?

L'épisode vécu en novembre 2024 par Jean-Noël Barrot, révélé par Médiapart et raconté par Libération, prouve au moins que si un ministre n'est parfois pas plus avisé que n'importe quel citoyen face à un hameçonnage – Jean-Noël Barrot avait cliqué sur un lien transmis via l'application Signal, sur son téléphone personnel – il dispose quand il soupçonne une fraude des moyens de faire vérifier rapidement l'appareil incriminé par des services spécialisés. Cette situation souligne l'ampleur du problème de cybersécurité en France, touchant aussi bien les citoyens que les plus hautes autorités de l'État.

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