Roland-Garros : la terre battue, star du tournoi, a disparu des courts en France
Roland-Garros : la terre battue a disparu des courts français

La terre battue, emblème de Roland-Garros, quasi absente des courts français

Alors que Roland-Garros bat son plein, la terre battue, surface emblématique du tournoi parisien, est devenue une rareté sur les courts de tennis en France. Selon une enquête récente, seuls 10% des courts de tennis du pays sont encore en terre battue, contre une écrasante majorité de surfaces synthétiques. Cette évolution, dictée par des contraintes économiques et d'entretien, suscite des interrogations sur l'avenir de la pratique du tennis en France.

Un déclin progressif mais massif

Il y a encore quelques décennies, la terre battue était la surface reine en France. Aujourd'hui, elle a quasiment disparu des clubs et des installations publiques. Sur les quelque 33 000 courts de tennis recensés dans l'Hexagone, plus de 90% sont désormais en résine, en gazon synthétique ou en béton poreux. La terre battue ne représente plus que 10% du parc, soit environ 3 300 courts. Ce chiffre est en baisse constante, car l'entretien de cette surface est jugé trop coûteux et contraignant.

Les raisons de cette disparition

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D'abord, le coût d'installation et de maintenance : un court en terre battue nécessite un arrosage régulier, un roulage quotidien et un renouvellement de la couche superficielle tous les ans. À cela s'ajoute la main-d'œuvre spécialisée. En comparaison, un synthétique demande moins d'entretien et peut être utilisé toute l'année, même par temps de pluie. Ensuite, la polyvalence des surfaces modernes attire les clubs, qui peuvent proposer du tennis, du padel ou du badminton sur le même terrain. Enfin, les contraintes climatiques, notamment la sécheresse, rendent l'arrosage de la terre battue problématique dans certaines régions.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un paradoxe pour Roland-Garros

Ce déclin contraste avec l'image de Roland-Garros, où la terre battue est célébrée comme la surface noble du tennis français. Le tournoi parisien, seul Grand Chelem sur terre battue, attire chaque année des millions de spectateurs et de téléspectateurs. Pourtant, les jeunes joueurs français s'entraînent de moins en moins sur cette surface, ce qui pourrait handicaper leur adaptation au plus haut niveau. Certains entraîneurs déplorent que la formation soit désormais essentiellement sur dur, ce qui modifie les techniques de jeu.

Des initiatives pour préserver la terre battue

Face à cette situation, quelques clubs et collectivités tentent de maintenir des courts en terre battue, notamment dans les régions où la tradition tennistique est forte, comme la Provence-Alpes-Côte d'Azur ou l'Occitanie. Des subventions publiques existent pour encourager la rénovation de ces installations, mais elles restent insuffisantes. Par ailleurs, des associations militent pour que la terre battue soit reconnue comme patrimoine sportif et culturel. En attendant, Roland-Garros demeure le dernier bastion de cette surface en France, un paradoxe qui interroge sur l'identité du tennis tricolore.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale