En ce dimanche d'ouverture de Roland-Garros, les espoirs français avaient été déçus tout au long de la journée. Peu d'optimisme régnait avant le duel nocturne entre Novak Djokovic, numéro 4 mondial, et Giovanni Mpetshi Perricard, 22 ans et 83e au classement ATP. Sous le regard d'Arthur Fils, principal espoir tricolore forfait, le Lyonnais a pourtant tenu tête à l'ancien numéro 1 mondial, triple lauréat à Paris.
Djokovic, qui n'avait disputé qu'un seul match sur terre battue cette saison, perdu à Rome, est apparu lent et emprunté avant de trouver son rythme. Il s'est imposé 5-7, 7-5, 6-1, 6-4 en 2 heures et 51 minutes. L'homme aux 24 titres du Grand Chelem n'a pas été flamboyant, mais cela a suffi pour décrocher sa 102e victoire à Paris devant 15 000 spectateurs.
Un premier set accroché
Il a fallu attendre la fin de la première manche pour voir le match s'emballer. Mpetshi Perricard était impérial sur son service et distribua des coups droits puissants. Djokovic, pataud, manquait de premières balles et jouait souvent loin derrière sa ligne, exploitant le revers, point faible du Français. À 5-5, le protégé de Greg Rusedski obtint ses premières balles de break. La quatrième fut la bonne, et il conclut la manche sur son service.
« Il faut féliciter Giovanni, a déclaré Djokovic. C'était un très bon match de sa part. Ce sera différent si je le joue dix ou vingt fois. Mais là, il est impossible de voir où il sert, avec la vitesse de sa balle. Je n'ai ressenti cela que face à Opelka ou Karlovic. C'est incroyable. »
Deuxième set : la bascule
Dans le deuxième set, Djokovic pensa avoir fait le plus dur en obtenant ses deux premières balles de break à 3-2. Mais Mpetshi Perricard joua crânement, montant au filet pour exploiter les faiblesses en passing. À 4-3, il écarta quatre balles de break. Le scénario se répéta à 6-5, où Djokovic, de plus en plus frustré, dut attendre sa cinquième balle de break du jeu (la onzième au total) pour enfin prendre le service de son rival et remporter la manche. La main à l'oreille, le Serbe provoqua la foule acquise au Français.
« Je n'ai eu aucune chance au premier set, mais au deuxième, j'ai un peu changé, mieux anticipé, expliqua Djokovic. Il faut rester concentré face à une telle puissance. On sait qu'on n'aura pas beaucoup d'occasions en retour. »
Djokovic prend les commandes
Sur sa lancée, l'ex-roi de Paris prit définitivement les commandes dès le début du troisième set. Les jeux défilèrent malgré un sursaut d'orgueil du Lyonnais, touché au poignet et au pouce droit, dans le quatrième set. Au prochain tour, Djokovic affrontera un autre Français, Valentin Royer, vainqueur du qualifié bolivien Dellien (6-4, 6-2, 6-2).



