Franck Azéma, ancien manager de Perpignan et futur binôme de Pierre Mignoni à Toulon, a été impressionné par la domination physique du groupe bordelais et la très bonne gestion du rendez-vous. Il a eu le temps de peaufiner l'analyse de cette finale de Coupe des Champions entre les Irlandais du Leinster et l'Union Bordeaux-Bègles, tant la maîtrise des Français a été totale pour une deuxième étoile d'affilée sans vraiment d'opposition (19-41). L'ancien manager de Perpignan et le futur co-entraîneur de Toulon aux côtés de Pierre Mignoni détaille cette domination bordelaise et se projette aussi sur le Top 14, dont les phases finales ne sont pas encore assurées pour l'UBB.
Un premier sentiment de domination totale
Interrogé sur son sentiment après cette finale remportée sans débat par les Bordelais, Azéma explique : « Je me mets à la place du staff qui a pu savourer cette finale de bout en bout. Il n'y a pas eu de suspense, à la 25e c'était déjà plié. Finalement, on a retrouvé l'écart de niveau que l'on avait déjà vu sur le Tournoi entre la France et l'Irlande et encore vendredi soir entre Montpellier et l'Ulster (59-26). On l'a déjà beaucoup dit mais cette équipe du Leinster est en fin de cycle et cette finale montre que c'est le bout du bout. En face, Bordeaux est en pleine confiance et continue d'écrire son histoire. »
La physicalité, clé de la victoire
Face à cette domination totale, ce qui a le plus impressionné Azéma est « la physicalité de l'ensemble de l'équipe. Le paquet d'avant a beaucoup bougé et a dominé tous ses contacts autant offensivement que défensivement. Devant, ils les ont massacrés et je crois qu'on peut tous les citer ! Quand on voit l'activité de Bochaton, Gazzotti, Coleman, Poirot, ils ont tous beaucoup travaillé. Il y a aussi eu beaucoup de justesse de la part de la charnière. J'ai notamment trouvé que dans l'alternance sur les 25 premières minutes, Jalibert a quasiment fait le match parfait, que ce soit au pied ou à la main. Plus généralement, dans l'engagement, il n'y a pas eu photo. »
Jalibert, homme du match pour Azéma
À la question de savoir s'il aurait donné le titre d'homme du match à Matthieu Jalibert plutôt qu'à Maxime Lucu, Azéma répond : « Non, parce que Lucu a aussi fait son match, il a marqué et mis des points mais je trouve que dans l'exécution, pour amener cette alternance avants - trois-quarts, la longueur de pied, le changement de rythme, Jalibert a très très bien fait jouer son équipe. Et ce n'est pas surprenant, lui aussi est dans la continuité de ce qu'il a fait avec le XV de France. »
Penaud au centre : une prestation aboutie
Azéma a également salué la prestation de Damian Penaud au centre : « Honnêtement, quand on regarde les postes 10, 12 et 13 de chaque côté, il n'y a encore pas photo. Entre Byrne, Henshaw et Ringrose d'un côté et Jalibert, Moefana et Penaud de l'autre, il y a deux classes d'écart. Et pour revenir à Damian, il a été à la hauteur défensivement et offensivement, dans le pressing, les gestes et les offload. » Interrogé sur la pérennité de ce repositionnement au centre, il estime : « Oui, en tout cas, il va faire se poser la question aux staffs. Ce qui est bien, c'est d'avoir ce challenge-là. Je trouve qu'il a bien rebondi, que ce soit au centre ou à l'aile, on voit qu'il est efficace dans ce qu'il fait. »
Gestion mentale et perspectives pour l'UBB
Azéma a été impressionné par la gestion mentale bordelaise : « À travers leurs déclarations cette semaine, je les ai trouvés assez à l'aise avec leur statut et ça prouve qu'en interne, ils ont mis tout à plat pour ne pas avoir peur ni se laisser griser. C'est vraiment une belle réussite, bravo à eux. Maintenant, ils vont être attendus sur leur capacité à rebondir et à basculer sur l'autre compétition. » Il ajoute que ce doublé valide une étape pour l'UBB : « Oui, je pense que c'est le fruit d'un travail de long terme dont le président Marti est le premier leader. Ça récompense toute sa construction et celle de son staff autour d'un stade, d'un recrutement. Mais je ne peux m'empêcher de penser que dans leur tête, ils ont aussi envie de cette légitimité sur le Top 14 et qu'ils auront envie d'aller chercher ça. »
Gérer la transition vers le Top 14
Enfin, Azéma donne son avis sur la gestion des prochains jours : « À faire les choses en moitié, on ne les fait jamais bien. Ils vont certainement profiter jusqu'à lundi, mais ils ont aussi déjà ce vécu-là. En championnat, ils ne sont pas dans une situation où ils peuvent gérer les deux derniers matchs. Après, ça va être la motivation et la volonté qu'ils ont de s'inscrire dans le Top 14 qui reste la compétition la plus difficile à remporter. Ils doivent sûrement y penser et on va vite le savoir. »



