Samedi 30 mai, la capitale hongroise accueillera fièrement sa première finale de Ligue des champions. Toute la ville s’apprête à un déluge de supporters et espère des retombées économiques.
Une fan-zone sur la place des Héros
En cette journée ensoleillée de mai, la monumentale place des Héros déborde de touristes prenant des selfies non loin des célèbres thermes Széchenyi. Ce 30 mai, elle deviendra une fan-zone remplie de spectateurs vibrant devant la finale de la Ligue des champions jouée dans la Puskás Aréna, à 3 kilomètres de là. Du jeudi 28 mai au lendemain du match, un festival métamorphosera l’iconique place en immense parc de divertissements consacré au football. Concerts et spectacles gonfleront l’ambiance.
Une première historique pour Budapest
Avec PSG-Arsenal, Budapest accueille sa toute première finale de Ligue des champions. Reste que le stade aux 67 000 places, inauguré en novembre 2019 lors d’un Hongrie-Uruguay, connaît déjà par cœur les confrontations d’envergure sur le gazon. Finale de la Supercoupe d’Europe 2020 au début de la pandémie de Covid-19, rencontres de C1 du Ferencváros, de Manchester City et de Liverpool durant la période Covid, matchs de l’Euro 2021 dont France-Hongrie, finale de la Ligue Europa 2023…
Les supporters parisiens et londoniens ont leurs QG
Les soutiens du PSG, qui n’ont pas de précieux billets, sont attendus au Koncept, un quart d’heure de marche de la Puskás Aréna. Un café où Michaël Lefebvre organise des soirées jeux et visionnage de rencontres sportives pour les Français et francophones de Budapest. « Lors des matchs de l’Euro 2021, on voyait défiler les supporters dans le quartier. L’an dernier, les gens étaient à genoux et pleuraient devant la télé après la victoire de Paris contre l’Inter », raconte cet Avignonnais établi de longue date en Hongrie.
Les supporters des Gunners, eux, se retrouveront à l’Akvarium et au Dürer Kert, bar de plein air bordant le Danube. Un lieu underground plus habitué aux sonorités rock et psychédéliques qu’à la ferveur du ballon rond. Au pied d’anciens silos à grains et d’une friche industrielle reconvertie en espace culturel, la finale de la C1 précédera d’une semaine un festival pour financer Tilos Rádió, fréquence emblématique de la Budapest alternative créée juste après la chute du régime communiste.
La ville entière se met à l’heure du football
Aux quatre coins de Budapest, les bars, pizzerias et même restaurants chics prévoient des soirées spéciales. Les affiches de la finale couvrent les stations du tram 4-6 qui traverse le centre. Dans les boutiques de football, les ballons officiels partagent la vedette avec ceux du Mondial. PSG-Arsenal s’invite jusque dans les salles obscures, tel un blockbuster. Cinema City, le réseau national de multiplexes, projettera le match à Budapest et dans les plus grandes villes du pays (Debrecen, Miskolc, Pécs, Szeged).
Un afflux de passagers sans précédent à l’aéroport
Au sud-est de la capitale, l’aéroport Franz-Liszt s’attend à « un afflux de passagers sans précédent », affirme Dávid Vitézy, le ministre hongrois des Transports. La direction annonce 50 % de trafic en plus du 29 au 31 mai par rapport à un week-end classique du mois. Le terminal 1, réservé aux avions-cargos depuis 2012, rouvrira aux voyageurs pour l’occasion. À l’intérieur, les passagers pourront se procurer nourriture et boissons. Divers transports seront accessibles devant les bâtiments pour rejoindre la ville.
Les prix flambent, la bière double
L’engouement saisit également les moins fans de foot dans le berceau de la légende, Ferenc Puskás, dont le théâtre de la finale porte le nom. « Je suis plutôt hockey sur glace, mais je vais regarder le match. Je suis content que les yeux de l’Europe soient sur nous pour quelques heures », salue Krisztián, chauffeur livreur. « Le foot ne m’intéresse pas, mais c’est bon pour l’industrie du tourisme. Les cafés, restaurants et hôtels peuvent en profiter », pose Csilla, photographe free-lance qui habite près du stade.
Face à la déferlante annoncée sur Budapest, les prix des hôtels et des Airbnb explosent. Jusqu’à 18 millions de forints (47 000 euros) la nuit pour un appartement au cœur du très couru « quartier de la fête », derrière la Grande Synagogue ! Le tarif de la bière grimpera aussi le soir de PSG-Arsenal. Dans un bar voisin de la Puskás Aréna, la pinte de Dreher blonde s’écoulera à 2 200 forints (6,12 euros) au lieu de 970 forints (2,70 euros). Soit plus du double de l’addition normale…
Des préparatifs soignés et des espoirs de réussite
Autour du stade, les préparatifs ont commencé début avril. Le 21 mars, 22 000 visiteurs s’y précipitaient pour admirer le trophée de la Ligue des champions. Samedi, la finale se jouera sans la star nationale Dominik Szoboszlai, éliminée avec Liverpool par le PSG en quarts. Mais avec plein d’étoiles dans les yeux des Magyars, fiers d’accueillir le sommet de la C1. Les autorités seront sur le qui-vive pour éviter des incidents et réussir cet examen de taille, deux mois avant le Grand Prix hongrois de F1.



