Leurs rires résonnent au pied de la falaise. Deux jeunes femmes alternent les bains de mer et de soleil sur la plage déserte, au cœur de l’anse Méjean. Elles ont le paradis sur terre pour elles toutes seules. Le rêve. À quelques mètres des panneaux et des grilles qui interdisent l’accès à la crique, Godefroy, lui, fait la moue. « Tous les jours c’est comme ça », assure ce Toulonnais, venu faire découvrir « le joyau de la côte » à sa sœur et une amie. « Des gens contournent les barrières… »
Une plage fermée pour travaux de sécurisation
Fermée en urgence par la municipalité depuis la fin avril, la plage de l’anse Méjean n’est pourtant plus accessible au public. Officiellement. À ses deux extrémités, des panneaux et des barrières ont été mis en place. Et pour cause : la paroi rocheuse, qui menaçait de s’effondrer, subit d’importants travaux de sécurisation. Il faudra attendre le 14 juillet prochain, date annoncée pour la fin du chantier, pour que la carte postale de Toulon soit de nouveau accessible. Mais nombreux sont ceux qui n’ont que faire de ce calendrier. Quitte à prendre des risques et faire grincer des dents.
Des contrevenants toujours plus nombreux
Olivier Le Neannec, directeur du service Espaces naturels à la métropole TPM, a récemment avoué son impuissance lors d’une réunion publique. « Il y a un affichage sur place. Il y a des portails permanents qui sont fermés. Il y a eu des communications sur les réseaux sociaux, dans la presse… J’ai tendance à penser que nul n’est censé ignorer la nature de la fermeture. Il y a quelques jours, une personne qui venait d’escalader les grilles nous a dit qu’elle ne savait pas que l’endroit était interdit. Dans ces cas-là, on n’a plus beaucoup de solutions à offrir… »
Le 19 mai dernier, devant l’augmentation du nombre de contrevenants, la maire Josée Massi a pris un arrêté municipal. « Un accident est vite arrivé », commente l’élue. Las, une semaine plus tard, lors du week-end de la Pentecôte, habitués et touristes, même des familles avec enfants, ont tout de même pris possession des lieux.
Des patrouilles de police renforcées
« La police municipale est intervenue pour faire dégager les gens », raconte Julien Mari, président du CIL du Cap brun. Cet habitant de Méjean à l’année, qui fut le premier à dénoncer les risques de surtourisme sur ce bout du littoral toulonnais, a demandé des patrouilles de police supplémentaires. « Il y a un monde fou, surtout le samedi et le dimanche ! »
Depuis quelques jours, il semble que la présence régulière des forces de l’ordre, y compris sur l’eau, commence à porter ses fruits. C’est en tout cas ce qu’explique Magali Wulf, la patronne du restaurant l’Escale, dont la terrasse offre une vue imprenable sur l’anse. « On dit régulièrement aux gens de ne pas passer, que c’est hyper dangereux. Ça ne les empêche pas de contourner les grilles », raconte-t-elle. « Mais pour nous, l’interdiction a un autre effet négatif : tout le monde pense que l’Escale est fermée alors que pas du tout. Résultat : on fait 25 % de couverts en moins… »



