Une professeure sous pression
Sophie Djigo, enseignante en philosophie dans un lycée de la région parisienne, est devenue la cible d'une campagne de haine en ligne orchestrée par l'extrême droite. Depuis plusieurs semaines, elle subit des insultes, des menaces de mort et une tentative d'intimidation visant à la faire taire. Pourtant, loin de céder, elle affirme que ces attaques ont renforcé sa détermination à défendre ses valeurs républicaines.
Des menaces quotidiennes
Sophie Djigo raconte avoir reçu des centaines de messages haineux sur les réseaux sociaux, certains appelant à son licenciement, d'autres proférant des menaces physiques. « On m'a traitée de tous les noms, on a menacé ma famille, on a même tenté de me faire passer pour une radicale », confie-t-elle. Ces attaques font suite à ses prises de position sur la laïcité et l'éducation aux valeurs citoyennes, qu'elle considère comme essentielles dans son métier.
L'enseignante a porté plainte et bénéficie du soutien de sa hiérarchie, mais elle déplore le manque de réaction de certains collègues. « Certains préfèrent se taire par peur de représailles, ce qui est compréhensible mais dangereux pour la démocratie », ajoute-t-elle.
Un combat pour l'école publique
Sophie Djigo voit dans cette épreuve une occasion de rappeler l'importance de l'école publique dans la transmission des valeurs républicaines. « L'école doit rester un sanctuaire où l'on apprend à penser par soi-même, à respecter les différences et à combattre les discriminations », insiste-t-elle. Elle appelle ses collègues à ne pas baisser les bras face aux pressions.
Son syndicat, le SNES-FSU, a exprimé son soutien inconditionnel et demande des mesures de protection renforcées pour les enseignants ciblés. « Il est inacceptable que des professeurs soient menacés pour avoir fait leur travail », déclare un représentant syndical.
Une solidarité qui se manifeste
Depuis la médiatisation de son affaire, Sophie Djigo a reçu des messages de soutien de la part d'élèves, de parents d'élèves et d'autres enseignants. « Cela me redonne espoir, même si la peur reste présente », confie-t-elle. Elle espère que son cas contribuera à une prise de conscience collective sur la montée des extrémismes.
Le ministre de l'Éducation nationale a condamné fermement ces menaces et promis que tout serait mis en œuvre pour garantir la sécurité des personnels. Une enquête a été ouverte pour identifier les auteurs des menaces.



