Jocelyn Raude : la panique liée aux virus vient de la méconnaissance, pas de la mortalité
Dans un entretien accordé au Monde, Jocelyn Raude, professeur en psychologie de la santé à l'École des hautes études en santé publique (EHESP), analyse les mécanismes de la peur face aux épidémies. Selon lui, ce n'est pas le taux de mortalité élevé d'un virus qui provoque la panique, mais bien la méconnaissance qui l'entoure. Il explique que l'incertitude et le manque d'information claire amplifient les craintes irrationnelles et les comportements de panique.
Le rôle de l'incertitude
Raude souligne que lorsque les gens ne comprennent pas comment un virus se transmet, quels sont ses symptômes précis ou comment se protéger efficacement, leur anxiété monte en flèche. Cette incertitude favorise la propagation de rumeurs et de fausses informations, ce qui aggrave encore la situation. En revanche, une communication transparente et pédagogique de la part des autorités sanitaires permet de réduire la panique.
La perception du risque
Le professeur insiste sur le fait que la perception du risque est souvent déconnectée de la réalité statistique. Par exemple, des maladies avec une forte létalité mais bien connues (comme la rage) ne provoquent pas de panique massive, alors que des virus nouveaux et mal compris (comme le SARS-CoV-2 au début de la pandémie) peuvent générer une peur disproportionnée.
Les conséquences de la panique
La panique peut avoir des effets néfastes sur la santé publique, comme la ruée vers les hôpitaux, l'achat de produits inutiles ou dangereux, et la stigmatisation de certains groupes. Raude appelle donc à une meilleure éducation sanitaire et à une communication de crise plus efficace pour prévenir ces réactions.
En conclusion, Jocelyn Raude rappelle que la clé pour gérer une épidémie est de fournir des informations claires, cohérentes et régulières, afin de réduire l'incertitude et de permettre aux citoyens d'adopter des comportements adaptés.



