Sylvie Karel perpétue le devoir de mémoire des déportés. Sa famille réside à La Roque-sur-Cèze depuis les années 1950. En hommage à son oncle, déporté politique mort en 1944, elle consacre une grande partie de son temps à l’association des familles de déportés du camp de Flossenburg.
Un hommage aux anciens détenus d’Eysses
Le samedi 30 mai, Sylvie Karel a assisté à l’hommage aux anciens détenus de la prison d’Eysses, dans le Lot-et-Garonne. Elle a eu l’occasion de s’entretenir avec Jean Lafaurie, 103 ans, dernier survivant de cette tragédie.
Le contexte historique
En 1943, une circulaire décide d’affecter tous les condamnés opposés aux nazis et au régime de Vichy à la Centrale d’Eysses. Rapidement, ces militants aguerris s’organisent et créent des structures clandestines. Leur tentative d’évasion échoue après plusieurs jours de combat. Le 23 février, 12 d’entre eux sont fusillés, tandis que les 1 200 autres prisonniers sont déportés à Compiègne, puis vers divers camps de concentration. 450 y périront.
Le témoignage de Jean Lafaurie
Jean Lafaurie, né le 30 novembre 1923 à Cajarc, raconte : « Début 1942, à 17 ans, je suis entré dans l’organisation secrète (OS) et je suis devenu responsable des publications et de la distribution clandestine de journaux et tracts. J’ai rejoint le groupe de résistants Guy Moquet. » Arrêté sur dénonciation, comme l’oncle de Sylvie, il est transféré à Eysses. « Je suis resté du 30 mai 44 à la fin avril 1945 au camp de Dachau-Allach. Chaque année, je tiens à être présent pour rappeler aux jeunes générations ce que fut cette dramatique époque… tant que ma santé me le permettra ! J’aime à dire que si on tire un trait sur le passé, c’est cet héritage mémoriel que nous mettons en danger… par l’oubli ! »
Sylvie Karel poursuit ainsi son engagement pour que la mémoire de ces événements reste vivante.



