Le décès tragique de Lyhanna, une jeune fille de 12 ans, a suscité une vive émotion dans tout le pays. Au-delà de la douleur et de l'incompréhension, cet événement met en lumière un dysfonctionnement systémique qui interroge notre pacte social. Dans une tribune publiée par Libération, des intellectuels et acteurs de la société civile dénoncent un affaiblissement des mécanismes de protection et de solidarité.
Un système en faillite
Les signataires soulignent que la mort de Lyhanna n'est pas un accident isolé, mais le symptôme d'un mal plus profond. Ils pointent du doigt les défaillances des institutions censées protéger les plus vulnérables : services sociaux débordés, manque de coordination entre les acteurs, et une culture de la non-assistance qui gangrène notre société.
« Notre pacte social repose sur la promesse que personne ne sera laissé pour compte. Cette promesse est aujourd'hui brisée », écrivent-ils. Selon eux, la crise actuelle n'est pas seulement celle de l'État providence, mais aussi celle du lien social qui se délite face à l'individualisme et à la précarisation.
Des pistes pour une refondation
Face à ce constat alarmant, les auteurs de la tribune appellent à une refondation du pacte social. Ils proposent plusieurs mesures :
- Renforcer les moyens des services de protection de l'enfance et de l'aide sociale.
- Instaurer une véritable politique de prévention et de détection des situations à risque.
- Favoriser la participation citoyenne et la co-construction des politiques publiques.
Ils insistent également sur la nécessité de sortir de la logique de silos et de favoriser une approche transversale, impliquant tous les acteurs : État, collectivités, associations et simples citoyens.
« La mort de Lyhanna doit être un électrochoc. Elle nous oblige à repenser notre modèle de société, à renouer avec les valeurs de solidarité et de responsabilité collective », concluent-ils.
Cet appel rejoint les préoccupations de nombreux mouvements citoyens qui, depuis plusieurs années, alertent sur l'érosion de la cohésion sociale. Il reste à savoir si les pouvoirs publics sauront entendre ce cri d'alarme et agir en conséquence.



