À Béziers, l'Abad propose une médiation gratuite pour résoudre les conflits
Béziers : l'Abad, une médiation gratuite pour les conflits

À Béziers, l'Association Biterroise d'Accès aux Droits et à la Médiation (Abad) propose trois permanences mensuelles gratuites pour résoudre les litiges du quotidien à l'amiable. Porté par dix médiateurs diplômés, ce service règle un conflit en quinze jours à trois semaines, contre plusieurs mois pour un procès.

Des permanences régulières

L'Abad tient des permanences avec un service gratuit d'information sur la médiation. Elles ont lieu le premier vendredi du mois à la Maison Daniel-Cordier, le deuxième mardi du mois à la Colonie espagnole, et le troisième vendredi du mois à la maison de quartier George-Brassens, de 9h à 12h. Le collectif est actuellement en pourparlers avec le procureur et le commissaire central pour ouvrir un nouveau créneau au commissariat.

Un cadre juridique renforcé

Quelques médiateurs de l'Abad sont inscrits sur la liste de la cour d'appel de Montpellier, et l'association elle-même est en cours d'inscription en tant que personne morale. Cela signifie qu'ils peuvent opérer des médiations sur demande du tribunal, dans le cadre de l'article 1533 du code de procédure civile du 10 juillet 2025.

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Les avantages de la médiation

Félicie de Montgolfier, médiatrice et secrétaire de l'Abad, explique : « La médiation permet aux personnes en conflit de trouver un accord, avec le soutien d'un médiateur qui est là pour poser un cadre. C'est souvent difficile quand on est deux d'arriver à trouver une solution amiable, et d'éviter d'aller en justice. »

Gaspard Lorente, le trésorier, souligne trois avantages : la durée (une séance dure quinze jours à trois semaines, et cinq mois pour une médiation judiciaire, contre deux à trois ans pour un procès), le coût (les deux parties paient le médiateur, mais bien moins que des frais de justice), et surtout la résolution émotionnelle. « Lorsque les gens sortent d'une médiation, ils sont apaisés. Si on n'a pas épuré ce contentieux de façon émotionnelle, il risque de revenir », ajoute-t-il.

Un historique et un renouveau

Le concept de médiation remonte à la Suède du XIXe siècle avec les Ombudsman. À Béziers, le magistrat Antonio Fulleda a fondé l'Abad en 1993, dont il est toujours président. L'association, en sommeil depuis plusieurs années, s'est réveillée il y a trois ans avec un nouveau bureau porté par Gaspard Lorente. Ils sont une dizaine de médiateurs diplômés, ainsi qu'un service civique, à accueillir les personnes en conflit.

Le processus commence par un entretien préalable avec chaque partie séparément, pour présenter la médiation et évaluer si les conditions sont réunies. Ensuite, une réunion plénière permet aux personnes de se parler et d'exprimer ce qui est important pour elles. Gaspard Lorente illustre : « Souvent, il y a le système de l'iceberg : la partie émergée est ce qu'on vient mettre sur la table, par exemple le chien qui aboie la nuit, mais on se rend compte après qu'il y a une partie immergée, des antécédents. »

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