Des lycéens de Périgueux manifestent contre les suppressions de postes
Périgueux : lycéens en lutte contre les suppressions de postes

Ce lundi 27 avril, des lycéens de l'établissement Laure-Gatet, à Périgueux, se sont mobilisés devant leur lycée pour protester contre la suppression de postes dans l'enseignement public. Louis Peyrout, élève de Terminale littéraire, est arrivé le premier vers 6 h 30 du matin pour installer le matériel. Son camarade Ellande Garat l'a rejoint une demi-heure plus tard, accompagné d'autres futurs bacheliers, portant tréteaux, tables, cartons, peinture et ciseaux. Ensemble, ils ont commencé à rédiger les premiers slogans : « Supprimer des postes, c’est sacrifier des élèves », « pour un droit à la deuxième chance », « un klaxon = un soutien ».

Une mobilisation contre un budget jugé injuste

L'initiative revient à Ellande, « scandalisé » par l'adoption du budget 2026 cet hiver. Selon lui, « c’est honteux de justifier ces suppressions en prenant pour prétexte la baisse de la natalité, alors qu’on sait bien qu’elle est compensée grâce à l’immigration. » Observant que les syndicats de professeurs s'étaient mobilisés, cet élève de Terminale en SES/HGGSP a créé un groupe sur Instagram qui a rapidement pris de l'ampleur grâce au bouche-à-oreille.

Des conséquences directes sur la scolarité des élèves

Plusieurs élèves témoignent des difficultés rencontrées à cause du manque d'enseignants. Sorya, en spécialité SES, a calculé que sur neuf chapitres à couvrir cette année, elle n'en a étudié que six. « Ça nous en fait trois à faire d’ici la fin de l’année scolaire. Sachant que ça compte coefficient 16 pour mon Bac, je n’ai pas le droit à l’erreur, sinon je rate mon Bac. » Janis, quant à lui, a abandonné la spécialité SES en Première en raison de trop nombreuses absences et retards. « Quand j’ai vu que ça avançait bien en Maths/AMC, je m’y suis inscrit pour ma Terminale. »

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Eva, qui se destine au métier d'enseignante, voit dans ces suppressions un mauvais présage : « Il ne faut pas qu’ils s’étonnent si de moins en moins d’élèves veulent devenir professeurs. » Ellande ajoute que le problème ne concerne pas que les professeurs : « On peut déjà constater, chez nous, le manque de personnel au self où ils sont débordés, ou alors le manque d’AED. »

Une manifestation pacifique et encadrée

Initialement, le collectif avait envisagé un blocus de l'établissement, mais la préfecture leur a rappelé qu'ils n'avaient pas le droit d'entraver l'accès. « On a donc opté pour une manifestation », explique Ellande. Ainsi, aucun blocage ni filtration n'a eu lieu, mais des pancartes ont été brandies pour sensibiliser les conducteurs et les piétons sur l'avenue Georges-Pompidou, sous l'œil vigilant du proviseur, attentif à leur sécurité. En parallèle, un système d'étude et d'ateliers de soutien a été mis en place devant le lycée pour ne pas se pénaliser, car le Bac approche.

Un mouvement d'un jour

Lors de la pause méridienne, le collectif a tenu son assemblée générale et a décidé de ne pas poursuivre le mouvement le lendemain. « Mieux vaut faire un jour avec beaucoup d’énergie que deux avec le second jour un peu mollasson », explique Louis Peyrout. Le mouvement s'est donc achevé ce soir-là.

Au total, 4 032 emplois sont supprimés : 2 229 dans le premier degré et 1 803 dans le second degré, conséquence d'économies budgétaires. Les lycéens ont exprimé leur mécontentement tout en restant mobilisés pour leur avenir scolaire.

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