Un sexagénaire condamné pour vols chez des personnes vulnérables à Alès
Vols chez des vulnérables : un sexagénaire condamné

« Je ne suis pas méchant, madame le juge » : le procès d’un sexagénaire qui rentre chez des personnes vulnérables et leur vole argent et cartes bancaires

Le mis en cause, en situation de récidive pour vol, a été jugé lundi 8 juin, dans le Gard. Il est arrivé au tribunal sous contrôle judiciaire, mais en est ressorti encadré par des policiers nationaux. Compte rendu d’audience…

Il s’agit d’une « accumulation de petits larcins, certes, mais très désagréables pour les personnes qui les subissent », estime Claire Sarode, la présidente de l’audience de comparutions immédiates de ce lundi 8 juin, au palais de justice d’Alès, dans le Gard. Et elle a justement devant elle, qui se tient à la barre du tribunal, un Alésien âgé de 61 ans qui va s’attirer les foudres de la composition pénale. Placé sous contrôle judiciaire depuis l’avant-veille, il lui est reproché d’avoir volé de l’argent et des cartes bancaires au domicile d’Alésiens, entre la fin novembre et le début du mois. Puis de s’en être servis pour procéder à des retraits de liquidités ou à des achats dans des bureaux de tabac.

« On est face à huit plaintes différentes », liste la présidente. Et les victimes, dont deux se trouvent dans la salle d’audience, sont toutes des personnes âgées, vulnérables ou en situation de handicap. « Et la plupart habitent dans la même rue, voire dans le même bâtiment », relève-t-elle. En l’occurrence, dans le quartier de la Grand-rue Jean-Moulin.

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Si le mis en cause assure avoir ciblé ses victimes « au hasard » et s’emparer des effets personnels « vite fait », le procédé reste le même : il se fait passer pour un voisin, en quête de son chat ou d’un peu de sucre. Loin de lui l’idée d’avoir repéré ses proies au préalable, assure-t-il, comme il déclare que les portes d’appartement qu’il a poussées étaient ouvertes.

Le sexagénaire est peu loquace ; la présidente note que « c’est très méthodique. (Elle) ne sait pas si c’est du hasard. Ce n’est pas très glorieux tout ça. » Le prévenu demande alors clairement la parole : « Je peux parler ? Je regrette. Je m’excuse pour toutes les victimes. Je suis prêt à rembourser toutes les victimes. Je ne suis pas méchant, madame le juge. Je n’agresse personne. Laissez-moi une dernière chance ! »

Une dernière chance réclamée car il est déjà bien connu de la Justice, est en récidive pour vol et a déjà été plusieurs fois incarcéré. Il tente alors de motiver ses agissements : « La solitude, le dégoût de la vie, le divorce. Je suis triste… »

Le témoignage d’une victime handicapée qui pèse

Le témoignage qui suit éclipse les propos du mis en cause. Lourdement handicapée, clouée sur un fauteuil roulant, l’une de ses victimes s’approche de la barre, explique que ce n’est pas la première fois qu’on entre chez elle, qu’elle a désormais peur chez elle. Son auxiliaire de vie indique qu’après le vol, elle l’a « retrouvée dans un état de panique incroyable », que cet homme lui a volé 30 euros, semble-t-il sous ses yeux, avant de faire tranquillement le tour du logement.

Sur leurs sièges, les magistrats trépignent parfois d’agacement. Le représentant du ministère public ne perd pas de vue le casier « extrêmement fleuri » de cet Alésien qui, « depuis 2002, n’a pas cessé ses agissements délictueux. C’est devenu habituel, un mode de vie. » Pour le parquetier, « cette petite délinquance dégrade les conditions de vie des citoyens et doit être traitée de la même manière que la grande délinquance ». Il garde à l’esprit « le retentissement psychologique des victimes » et estime que laisser ce prévenu « dans la nature, c’est prendre le risque qu’il recommence ». En conséquence, il requiert un an de prison et un mandat de dépôt.

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C’est un prévenu « qui souffre », avance la défense

Me Gabrielle Le Dréau mise sur la personnalité de son client, qui fut un temps SDF et travaille désormais à temps partiel pour la mairie d’Alès, pour le sortir d’affaire : « Il est inscrit dans une logique de manque. Il a manqué et s’estime en manque d’une stabilité professionnelle. » Elle avance « une grande fragilité » et « essaie de peindre un tableau (d’un homme) qui souffre ». « Il a juste besoin d’un peu de stabilité dans un domaine de sa vie. Il a les moyens de rebondir », plaide l’avocate de la défense, qui a foi en les excuses formulées. « Une énième incarcération ne changera rien. Un accompagnement psychologique pourrait être la solution… »

L’arrivée d’un équipage de la police nationale dans la salle d’audience lors du délibéré des juges ne laisse aucun doute sur l’épilogue de cette affaire. Revenue, la présidente lance à l’Alésien jugé : « Vous ne nous avez pas laissé le choix. » Le tribunal le condamne à la peine que le parquet a requis. Il est immédiatement conduit à la maison d’arrêt de Nîmes.