Il y a 50 ans, des féminicides banalisés par la société
Féminicides : il y a 50 ans, l'indifférence générale

Des meurtres de femmes banalisés il y a 50 ans

Dans nos archives, un article de Mariella Righini publié le 24 mai 1976 dans le Nouvel Obs révélait comment la société minimisait les meurtres de femmes par leur conjoint, avant même que le terme « féminicide » ne soit employé. À l’époque, on entendait souvent : « Les histoires de femmes battues à mort font partie de la vie ». Des associations tentaient de sonner l’alarme, mais l’indifférence générale prévalait.

Trois femmes tuées en six mois près de Strasbourg

L’article rapportait une coïncidence troublante : en l’espace de six mois et dans un périmètre de quelques kilomètres autour de Strasbourg, trois femmes étaient mortes sous les coups de leur conjoint. Les causes étaient brutales : un foie éclaté, une défenestration, des côtes brisées. La première affaire avait été jugée aux assises la semaine précédant la publication. Alain Fischer, qui avait tué sa femme d’un coup de poing, avait écopé de vingt ans de réclusion criminelle. Le jury, exclusivement masculin, avait prononcé cette peine qualifiée d’« exemplaire ». La seule femme tirée au sort avait été récusée.

Un phénomène longtemps ignoré

Ce n’est que des décennies plus tard que les féminicides ont été reconnus comme un problème social majeur. En 2019, une manifestation à Paris a rendu hommage aux victimes, avec des femmes allongées au sol tenant des feuilles portant les noms des femmes tuées par un conjoint ou ex-conjoint. Aujourd’hui, la mémoire de ces crimes est entretenue, mais le chemin reste long pour éradiquer cette violence.

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