Reims : le chauffard qui a fauché trois personnes en tuning placé en détention
Le conducteur qui a percuté et grièvement blessé trois personnes vendredi soir lors d'un rassemblement illégal de tuning à Reims a été mis en examen dimanche et placé en détention provisoire, a annoncé le procureur de Reims. Le trentenaire est notamment poursuivi pour blessures involontaires aggravées.
Un lourd passé judiciaire
L'homme, né en 1995, conduisait sans permis, en état d'ivresse et a déjà été condamné à quinze reprises, notamment pour violences et infractions routières. Ses deux enfants de quatre et sept ans étaient dans la voiture lors de l'accident et ont aussi été légèrement blessés.
Les faits
Les faits se sont produits peu avant minuit dans une zone commerciale en périphérie de Reims, où s'étaient rassemblées une centaine de voitures et entre 200 et 300 personnes. D'après les premiers éléments de l'enquête, les véhicules attendaient à l'entrée d'un rond-point pour effectuer, chacun à leur tour, des dérapages, appelés « drift » dans le milieu du tuning, a expliqué le procureur François Schneider lors d'une conférence de presse dimanche.
Le conducteur mis en cause s'est « lancé vers 23 h 50, mais n'a pas réussi à déraper ». « Il est parti tout droit » et « a percuté un panneau publicitaire après avoir fauché plusieurs spectateurs ». Le mis en cause nie avoir voulu faire un dérapage, affirmant avoir perdu le contrôle de son véhicule. Il présentait un taux d'alcoolémie de 0,64 mg par litre d'air expiré.
Des victimes gravement blessées
Parmi les victimes, un homme de vingt ans a eu le pied « quasiment arraché » et présente une incapacité totale de travail (ITT) provisoire de 300 jours. Il était toujours hospitalisé dimanche dans un état grave. Deux autres blessés, âgés de vingt-trois et trente et un ans, se sont vus prescrire des ITT provisoires de 100 et 150 jours. Les cinq autres personnes, initialement recensées comme blessées par la préfecture samedi, ont surtout été choquées par la scène, selon le procureur.
Un phénomène de rassemblements sauvages
Le magistrat a déploré des « rassemblements sauvages, non déclarés, organisés via les réseaux sociaux », marqués selon lui par des « comportements dangereux » et une forte hostilité envers les forces de l'ordre. Les manifestations de tuning regroupent des amateurs de voitures au look et à la motorisation personnalisés qui se retrouvent pour comparer leurs bolides. Ils sont régulièrement interdits par les autorités qui craignent les infractions au code de la route et les rodéos urbains.
Un projet de loi en cours d'examen au Sénat prévoit d'accroître la répression des rodéos motorisés : la création d'une amende forfaitaire délictuelle (AFD) de 800 euros est proposée pour permettre une sanction plus rapide sans attendre la décision judiciaire.



