Grève des AESH à Nîmes : ils réclament un vrai statut de fonctionnaire
AESH en grève à Nîmes pour un statut de fonctionnaire

Ce mardi, à l'appel de l'intersyndicale (FSU, Unsa, CFDT, CGT, Sud éducation), les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) se sont mobilisés partout en France. À Nîmes, une trentaine de manifestants se sont regroupés devant l'inspection académique avant qu'une délégation soit reçue par le Dasen.

Des conditions de travail dégradées

« Cela fait 18 ans que je suis AESH et les conditions de travail ne cessent de se dégrader ! » Avec son gilet et son drapeau FSU en main, Ingrid Poitevin, qui accompagne les enfants handicapés en classe à Gallargues, témoigne avec amertume : « L'an dernier je suivais trois enfants, le matin au collège, l'après-midi en maternelle. Des collègues sont changés d'établissement en cours d'année, comme des pions. Le système manque de moyens et ne respecte personne : ni les AESH, ni les enfants et leur famille, ni les enseignants. »

Précarité et mutualisation

« Pour masquer le manque de moyens, les AESH sont désormais mutualisées pour plusieurs enfants », ajoute Anne, professeure au collège de Manduel, venue soutenir le mouvement. « Dans une de mes classes, l'AESH n'est là que deux jours par semaine pour les enfants qui ont pourtant une notification MDPH. » Sandrine Auriel (Sud) renchérit : « Certaines AESH suivent neuf enfants par semaine. Et le développement des Pôles d'appui à la scolarité (Pas) va aggraver leur précarité. On va passer de 3 à 13 Pas à la rentrée. »

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Un statut de fonctionnaire réclamé

Les manifestants réclament un vrai statut de fonctionnaire de catégorie B pour les 1 800 AESH du Gard, « qui est le deuxième métier de l'éducation en nombre de personnels ». Le gouvernement proposerait une fonctionnarisation pour 10 à 20 % des AESH mais « cela ne répond pas aux exigences d'une école réellement inclusive », pointe Bruno Cauquil, secrétaire général CFDT Éducation, alors que les AESH restent précaires avec des contrats de travail de 24 heures pour 970 € par mois.

« On est en mode survie »

Alors qu'une prochaine réunion de travail est prévue au ministère le 17 juin, les AESH maintiennent la pression mais vivent de plus en plus mal leur situation : « Cela fait des années qu'on est en mode survie. On tient pour les enfants mais on perd le sens de ce qu'on fait… » Pour preuve, 320 AESH ont démissionné l'an dernier dans l'académie de Montpellier.

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