Les noyades ont augmenté de 14 % l'été dernier en France, un bilan alarmant qui pousse à renforcer la prévention. Pour la 17e édition des Journées nationales de la Prévention de la noyade, le stade nautique Nemausa, la Fédération nationale des métiers de la natation et du sport (FNMNS) et les pompiers de Nîmes se sont mobilisés. Objectif : transmettre les bons réflexes pour se sauver et sauver les autres.
Des ateliers pour apprendre à se sauver
Ce samedi après-midi, à la piscine Nemausa, un groupe d'enfants de 6 à 8 ans participe à un atelier encadré par Joseph Martin et Robert Requema de la FNMNS. « On met la tête sous l’eau, on essaie d’aller toucher le fond et on garde les yeux ouverts ! », explique Joseph Martin. L'objectif est de réduire les risques, apprendre à se sauver et s'initier aux premiers secours.
« Savoir nager, ce n’est pas aligner des longueurs de brasse, insiste-t-il. Le plus important, c’est de savoir se sauver. » Il met l'accent sur les compétences à acquérir dès le plus jeune âge : savoir ouvrir les yeux sous l'eau, remonter à la surface et s'accrocher. « Ce qui compte, c’est l’aisance sur et sous l’eau avant la distance et la technique natatoire », ajoute-t-il.
Un bilan estival meurtrier
Cette prévention est essentielle alors que l'été dernier a été particulièrement meurtrier. En Occitanie, 194 personnes se sont noyées, dont 50 sont décédées, soit 14 de plus qu'en 2024. Au niveau national, entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, Santé publique France a recensé 1 418 noyades, dont 409 mortelles (29 %). Ces chiffres inquiètent alors que la saison des baignades commence et que le premier pic de canicule a déjà eu lieu en juin.
La canicule aggrave les risques : du 19 juin au 8 juillet, 355 noyades ont été enregistrées, en hausse de 135 % par rapport à la même période en 2024, et 106 décès (+172 %). Les pompiers confirment le lien entre pic de chaleur et augmentation des noyades.
Profils et circonstances des noyades
Durant l'été 2025, 57 % des noyades concernaient des adultes, 27 % les moins de 6 ans et 16 % les 12-17 ans. Neuf décès par noyade sur dix touchent des adultes. Les cours d'eau et plans d'eau représentent environ la moitié des décès, tous âges confondus. Pour les mineurs, les noyades mortelles surviennent surtout en piscine privée, tandis que pour les adultes, c'est en mer.
Les moins de 6 ans, qui ne savent pas encore nager, sont les plus vulnérables, mais les personnes âgées aussi. « Soleil, malaises… les accidents sont fréquents », observe Joseph Martin. Les plus de 65 ans ont trois fois plus de risque que leur noyade soit grave. Il met aussi en garde contre ceux qui surestiment leurs forces à la mer, et les adolescents, désinhibés par l'alcool ou le protoxyde d'azote, qui prennent des risques inconsidérés.
Les gestes de premiers secours
De l'autre côté du bassin, deux pompiers de Nîmes montrent les gestes qui sauvent sur des mannequins. « On sort le noyé de l’eau et on alerte aussitôt un des numéros d’urgence : le 15, le 17, le 18 ou le 112 », rappelle l’adjudant Guillaume Liotard. En attendant les secours, on peut pratiquer un massage cardiaque. Médine, 8 ans, s'y essaie sous les conseils de l'adjudant-chef Salim Garrouche : « Mets tes deux mains l’une sur l’autre et ne t’arrête jamais d’appuyer. Si c’est trop fatigant, il faut que quelqu’un te remplace. » Les pompiers insistent : même si les gestes sont maladroits, l'important est d'agir. « Le plus grave, c’est de rien faire alors qu’on pourrait sauver une vie. »



