Une proposition qui divise
La députée écologiste Sandrine Rousseau a déposé une proposition de loi visant à organiser un référendum sur la place du nucléaire dans le mix énergétique français. Cette initiative, qui pourrait être examinée à l'Assemblée nationale, intervient dans un contexte de tensions au sein de la majorité présidentielle et chez les Verts.
Sandrine Rousseau, figure de l'aile gauche d'Europe Écologie Les Verts (EELV), estime que la question nucléaire est trop importante pour être laissée aux seuls experts et politiques. "Les Français doivent pouvoir s'exprimer directement sur un sujet qui engage leur avenir énergétique et celui des générations futures", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.
Une position minoritaire chez les écologistes
Cette proposition ne fait pas l'unanimité au sein de son propre parti. Plusieurs cadres d'EELV, dont la secrétaire nationale Marine Tondelier, ont exprimé leurs réserves. Pour eux, un référendum pourrait simplifier à outrance un débat complexe et risquerait d'être instrumentalisé par les pro-nucléaires.
D'autres voix, comme celle du député européen David Cormand, estiment que le parti doit d'abord clarifier sa position sur le nucléaire avant de lancer une consultation populaire. "Nous ne pouvons pas demander aux Français de trancher si nous-mêmes ne sommes pas d'accord entre nous", a-t-il confié.
Une réaction contrastée dans la majorité
Du côté de la majorité présidentielle, les réactions sont également partagées. Le ministre de la Transition énergétique, Philippe Brun, a qualifié l'initiative de "coup politique" et a rappelé que le gouvernement avait déjà engagé une programmation pluriannuelle de l'énergie. En revanche, certains députés LREM, comme Jean-Marc Zulesi, se sont dits ouverts à un débat sur la question.
L'opposition de droite, via Les Républicains, a salué la proposition tout en critiquant l'"incohérence" des écologistes sur le sujet. Le Rassemblement national, par la voix de son député Sébastien Chenu, a estimé que ce référendum était "une bonne idée, mais pour de mauvaises raisons".
Un processus long et incertain
La proposition de loi de Sandrine Rousseau devra d'abord être examinée par la commission des Lois avant d'être débattue dans l'hémicycle. Pour être adoptée, elle nécessitera un accord entre l'Assemblée nationale et le Sénat, ce qui semble peu probable étant donné les divergences politiques.
En attendant, le débat sur le nucléaire continue d'animer la vie politique française, entre relance des réacteurs et fermeture programmée de certaines centrales. Sandrine Rousseau, elle, compte bien faire entendre sa musique, même si elle semble jouer en solo pour l'instant.



