Le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours a annoncé qu'il ne renouvellerait pas les contrats de ses quatre aumôniers catholiques à compter du 1er juin 2026. Ces derniers accompagnent les patients et leurs familles depuis plusieurs décennies.
Une décision unilatérale sans concertation
Dominique Buzoni-Gatel, responsable de la pastorale de la santé au diocèse de Tours, déplore une décision prise sans concertation, notifiée par un simple courriel le 15 avril 2026. Sur les quatre postes, soit 2,5 équivalents temps plein rémunérés au SMIC, trois arrivaient en fin de contrat.
Des accusations de prosélytisme rejetées
Certains voyaient dans ce service une entorse à la laïcité, mais les aumôniers se défendent de tout prosélytisme. Ils réalisent 8 000 visites annuelles auprès de patients de toutes confessions, et sont titulaires d'un diplôme universitaire de laïcité. « Nous visitons toutes les personnes qui nous réclament, quelle que soit leur confession », insiste Dominique Buzoni-Gatel.
Un impact humain significatif
Bertille Gautier, aumônière dont le contrat se termine en décembre, souligne l'importance de cette présence humaine auprès des malades souvent isolés, à toute heure. Elle accompagne des parents en détresse, notamment dans les maternités, et a même réalisé des baptêmes d'urgence. Elle se souvient d'une petite fille née prématurément, baptisée puis sortie de l'hôpital après trois mois.
Des motivations économiques contestées
La direction justifie cette mesure par des arbitrages économiques, notant que les aumôniers protestants ne sont pas salariés mais bénévoles. Cependant, le diocèse estime que cela réduit considérablement l'accompagnement spirituel des patients.
Un appel à la révision
Les aumôniers appellent la direction à revenir sur sa décision. Une rencontre serait programmée prochainement, tandis que l'archevêque de Tours, Mgr Vincent Jourdy, saisira le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, en charge des cultes.



