Quelques semaines après sa défaite à La Roquebrussanne, Michel Gros n’a pas renoncé à la politique. L’ancien maire souhaite même décrocher un des quatre sièges de sénateurs varois au Palais du Luxembourg et succéder ainsi à André Guiol. Il nous dévoile son projet.
Un projet mûrement réfléchi
« Aujourd’hui, je suis prêt !, assure Michel Gros. C’est un projet mûrement réfléchi ». Et une petite surprise pour ceux qui le pensaient définitivement hors jeu depuis sa défaite aux élections municipales. « Et pourquoi pas ? On ne peut pas m’enlever tout ce que j’ai appris et mon bilan », répond celui qui est resté 18 ans à tête de La Roquebrussanne. Le voilà donc officiellement tête de liste pour décrocher au Sénat un des quatre sièges varois, renouvelés le 27 septembre prochain. Avec une carte à jouer : sa « sensibilité de centre gauche », le plaçant comme potentiel successeur du sénateur Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) André Guiol, son principal soutien. « Il m’a dit : vas-y ! », glisse-t-il.
Refus des appareils politiques
S’appuyer sur un parti, comme la parlementaire LR Françoise Dumont (seule candidate à sa réélection dans le département) ou le député RN Frank Giletti, qui souhaite changer d’hémicycle ? « Jamais de la vie, rejette Michel Gros. Vous connaissez le renard pris au piège qui se ronge la patte pour se libérer ? Moi, pour rester libre de mes choix, je refuse les appareils politiques. Même si je sais que ça me ferme des portes. Ma seule intention si je suis élu, c’est de rejoindre le groupe RDSE où on ne me dira pas pour quoi voter. Ce qui veut dire qu’il faut encore plus travailler. »
Défense des communes rurales
L’ancien élu, qui a été à l’initiative de la création du Parc naturel régional de la Sainte Baume, bénéficie encore quelques jours de son statut de président des maires ruraux du Var et jusqu’en octobre de celui de vice-président de la branche nationale. Et compte bien mettre en avant son expérience face au défi de « l’interdépendance entre territoires ruraux et urbains ». Listant les aménités rurales, telles que l’eau, les forêts ou les terres agricoles « qui n’étaient pas prises en compte jusqu’à récemment », Michel Gros déplore « l’iniquité » de la dotation globale de financement (DGF) au détriment des communes rurales. « Il y a eu un premier pas, mais il faut aller plus loin pour que nos communes ne soient plus sous tutelle, estime-t-il. On devient des mendiants dépendants de l’État, de la Région, du Département et des intercommunalités ». Et d’ajouter : « Autant de structures politisées ! Tout le monde dira que non, mais c’est la vérité. »
Priorités : santé, environnement, progressisme
Parmi les combats qu’il aimerait mener au Palais du Luxembourg, Michel Gros met également l’accent sur l’accès à la santé, « une catastrophe en milieu rural où l’espérance de vie est plus faible que dans les grosses villes, par manque d’offre de soins ». Autres priorités : « Les sujets progressistes et humanistes ainsi que l’environnement » afin de trouver de « vraies solutions » et non de « coller des sparadraps qui ne tiennent pas », dans un cadre « plus serein que le bordel et les invectives de l’Assemblée nationale ».
Une campagne auprès des grands électeurs
Cet ancien directeur d’une société de matériel géophysique, « profondément européen », compte prochainement partir en campagne auprès des 2 350 grands électeurs varois, dont il ne connaît pas bien le nombre exact. S’il y va, c’est avec « le sentiment de pouvoir encore apporter quelque chose au pays et au Var particulièrement », pas uniquement pour les indemnités (7 637,39 euros bruts par mois) beaucoup plus confortables que celles de maire. « On est peut-être mieux indemnisés mais c’est une vie de sacrifices », plaide celui qui se dit plus « besogneux » que « plateau télé ».
Mystère autour de la liste
Avec quels cinq autres noms sur sa liste (comportant deux suppléants) ? Alors que Julia Peironet-Brémond, opposante PS à La Garde, semblait favorite pour la deuxième place, il ne confirme pas et entretient le mystère. « Rien n’est figé, précise-t-il, tout en ouvrant sa liste au centre droit, également dragué par le conseiller régional Jean-Pierre Colin et l’UDI Var qui se cherche un représentant bankable. Le plus surprenant, c’est qu’il y a plus de candidats que de postes. » Et en cas de nouvel échec électoral ? « Ça suffira comme ça », lâche-t-il. Avant de se reprendre en souriant : « Enfin, on verra bien… »



