Le Sénat s'apprête à voter la loi de programmation militaire sans trajectoire budgétaire fixe
Ce mardi 9 juin, le Sénat vote l'actualisation de la loi de programmation militaire française (LPM) pour la période 2024-2030. Le texte devrait être approuvé, mais son volet financier a été rejeté par la droite, qui exige une rallonge de 14 milliards d'euros supplémentaires par rapport aux 436 milliards proposés par le gouvernement.
Un débat sur le montant de la rallonge budgétaire
La question du montant précis de l'augmentation de l'effort de défense divise la classe politique. Le gouvernement propose d'allouer 36 milliards d'euros supplémentaires à la défense d'ici 2030, portant le total à 436 milliards sur la période. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, qualifie cet effort de considérable et réaliste, fruit d'arbitrages entre les besoins des armées et la capacité des finances publiques. Cependant, la droite sénatoriale, majoritaire dans l'hémicycle, exige 14 milliards de plus pour faire face aux crises potentielles.
Un texte amputé de son volet financier
En raison de ce désaccord, le Sénat a rejeté l'article fixant la trajectoire budgétaire de la LPM. Le texte soumis au vote solennel ce mardi est donc bancal, mais devrait être adopté confortablement, la plupart des groupes envisageant de le soutenir. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé le Parlement à trouver une solution soutenable pour les finances publiques. Le sénateur Cédric Perrin, qui pilote l'examen pour Les Républicains, entend obtenir une rallonge dans le texte final.
Des négociations complexes à venir
Les discussions s'annoncent difficiles pour le gouvernement, qui risque de perdre le soutien du Parti socialiste s'il cède trop à la droite. Une commission mixte paritaire (CMP) se réunira avant la fin du mois pour concilier les positions des députés et des sénateurs. C'est lors de ce conclave de 14 parlementaires que le montant final de l'effort budgétaire sera négocié. La LPM n'est toutefois pas contraignante : le budget des armées est voté chaque année dans le cadre de la loi de finances.



