Le président turc Recep Tayyip Erdogan a franchi un nouveau cap dans son virage autoritaire en ordonnant la fermeture de l'université libérale de Boğaziçi, l'une des plus prestigieuses du pays. Cette décision, annoncée le 24 mai 2025, s'inscrit dans une série de mesures visant à museler l'opposition et à renforcer le contrôle du gouvernement sur les institutions académiques.
Une université symbole de la liberté académique
Fondée en 1863, l'université de Boğaziçi était considérée comme un bastion de la pensée libérale et critique en Turquie. Elle avait été le théâtre de nombreuses protestations étudiantes contre le gouvernement ces dernières années. La fermeture intervient après la nomination controversée d'un recteur pro-gouvernement, Melih Bulu, en janvier 2021, qui avait déjà provoqué des manifestations massives.
Réactions indignées
L'opposition turque et les organisations de défense des droits de l'homme ont vivement condamné cette décision. Le principal parti d'opposition, le CHP, a dénoncé une "attaque contre la science et la démocratie". Des milliers d'étudiants et d'enseignants ont manifesté dans les rues d'Istanbul, malgré l'interdiction de rassemblement.
Un contexte de répression généralisée
Cette fermeture s'ajoute à une longue liste de mesures autoritaires prises par Erdogan depuis la tentative de coup d'État de 2016. Des milliers d'universitaires ont été licenciés, des médias indépendants fermés et des opposants politiques emprisonnés. La communauté internationale a exprimé sa préoccupation, mais les critiques sont souvent restées sans effet.
- Fermeture de l'université de Boğaziçi
- Nomination d'un recteur pro-gouvernement
- Manifestations réprimées
- Condamnations internationales
Le gouvernement turc justifie ces actions par la nécessité de lutter contre les "menaces à la sécurité nationale" et de maintenir l'ordre. Mais pour les observateurs, il s'agit d'une dérive autoritaire qui menace les fondements démocratiques du pays.



