La France a décidé d'interdire l'accès de son territoire au ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich, a annoncé le ministère des Affaires étrangères ce mardi. Cette mesure fait suite à des déclarations controversées de Smotrich, qui a notamment appelé à « anéantir » le village palestinien de Hawara en Cisjordanie occupée.
Une décision diplomatique forte
Le Quai d'Orsay a précisé que cette interdiction est motivée par des « propos et actes inacceptables » du ministre israélien, qui occupe le poste de ministre des Finances dans le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Smotrich est connu pour ses positions ultranationalistes et son soutien à la colonisation en Cisjordanie.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la France et Israël, notamment sur la question palestinienne. Paris avait déjà condamné fermement les déclarations de Smotrich en mars 2023, lorsqu'il avait appelé à « effacer » le village de Hawara après une attaque palestinienne ayant tué deux colons.
Réactions internationales
L'annonce française a suscité des réactions contrastées. L'Autorité palestinienne a salué une « décision courageuse », tandis que le gouvernement israélien a dénoncé une « mesure discriminatoire ». Plusieurs pays européens, dont l'Allemagne et le Royaume-Uni, n'ont pas encore commenté cette interdiction.
Smotrich, qui devait se rendre à Paris pour une conférence sur la lutte contre l'antisémitisme, ne pourra donc pas entrer sur le territoire français. Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la politique française de défense des droits de l'homme et du droit international, selon le ministère.
Un précédent dans les relations bilatérales
Il s'agit d'une décision rare dans les relations franco-israéliennes. La France avait déjà interdit l'entrée à des personnalités israéliennes d'extrême droite par le passé, mais jamais à un ministre en exercice. Ce geste diplomatique pourrait avoir des conséquences sur les échanges économiques et culturels entre les deux pays.
Le ministre français des Affaires étrangères a déclaré que cette interdiction est « nécessaire pour envoyer un signal clair contre la haine et la violence ». Il a également appelé à une reprise des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.



