Une détectoriste découvre une plaque militaire allemande à Biscarrosse
Plaque militaire allemande découverte à Biscarrosse

Passionnée de détection, Patricia Diaz a récemment mis au jour une plaque militaire allemande de la Seconde Guerre mondiale près de la plage de Biscarrosse. Une découverte qui nourrit désormais une quête plus intime : retrouver l’histoire de son propriétaire.

Une passion née sur le tard

À l’ombre des pins, les pieds déjà dans le sable, Patricia Diaz serre son détecteur de métaux comme d’autres tiennent une canne à pêche. Le regard rivé vers le sol, elle avance lentement, casque sur les oreilles, attentive au moindre son. À 46 ans, cette habitante de Biscarrosse a découvert la détection sur le tard. Mais le virus, lui, l’a contaminée immédiatement. « Cela faisait longtemps que ça m’intéressait mais je n’osais pas franchir le cap », raconte cette native de Bordeaux, arrivée dans la station balnéaire à l’âge de 2 ans. « Je regardais des vidéos sur Internet où des gens trouvaient des choses extraordinaires. Alors je me suis dit : ‘pourquoi pas ?’ »

Il y a deux ans, Patricia s’offre son premier appareil, un Vanquish 340, un détecteur multifréquences capable de fonctionner aussi bien sur le sable qu’en milieu humide. « Le son change selon le métal sur lequel on tombe, du plus aigu au plus grave », explique-t-elle.

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Replonger dans le temps

Ses premiers essais, elle les effectue dans son jardin, dans le bourg de Biscarrosse. Très vite, les découvertes s’enchaînent. « J’ai retrouvé des pièces de l’époque napoléonienne, des monnaies allemandes avec des croix gammées… Je trouve ça génial de replonger ainsi dans le temps. »

Ce qui l’intéresse dans la détection n’est pas tant de revendre des objets que de faire revivre des objets enfouis depuis les décennies dans la terre. « J’ai l’impression de sauver des objets de l’oubli. Et surtout, ça me permet d’apprendre. » Chaque trouvaille devient le point de départ d’une enquête. Patricia utilise notamment Google Lens, un outil permettant d’identifier un objet à partir d’une simple photo, mais aussi plusieurs groupes Facebook spécialisés où passionnés et connaisseurs croisent leurs savoirs.

Très vite, la détection a pris de plus en plus de place dans son quotidien. « Je me suis dit au début que ce serait peut-être une lubie et que ça allait vite me passer. Mais non… En fait, c’est une drogue », rigole-t-elle. Ses terrains de jeu favoris : les lacs, les sous-bois, quelques plages aussi.

Le plus souvent, Patricia tombe sur « des bouts de ferraille » ou des « merdouilles ». Mais parfois, le détecteur chante autrement. Et les découvertes prennent une tout autre dimension. « Forcément, on pense toujours au trésor. Il y a ce mythe-là. On voit tellement de choses incroyables dans des vidéos… »

À la paille de fer

Mais la découverte qui l’a le plus marquée remonte au 12 mars dernier. Ce jour-là, Patricia prospecte sur l’aire de Cugnes à Biscarrosse, à quelques encablures de la plage, le long de la piste cyclable. La journée touche à sa fin et la récolte est maigre. « J’étais sur le point de rentrer bredouille. Comme quoi, il ne faut jamais éteindre l’appareil », plaisante-t-elle.

Puis, un son différent retentit dans le casque. En creusant légèrement, Patricia décele une plaque métallique. « J’ai compris tout de suite que c’était militaire. J’en avais déjà vu passer sur les groupes spécialisés. » De retour chez elle, elle nettoie délicatement l’objet à la paille de fer triple zéro. « Ça ne raye pas. Ensuite, avec une lampe, j’ai fait apparaître les inscriptions petit à petit en inclinant la plaque. »

Rapidement, les internautes confirment son intuition : il s’agit bien d’une plaque militaire allemande datant de la Seconde Guerre mondiale. Patricia publie alors sa trouvaille sur plusieurs groupes spécialisés, notamment Détection Loisirs puis Biscarrosse au fil du temps, début avril. « J’étais contente parce que ma découverte passionnait les gens. Grâce à cette communauté, j’ai obtenu énormément d’informations. »

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Patricia nourrit aujourd’hui un espoir plus grand encore. « Mon objectif, ce n’est pas de la vendre ni de la ranger dans un placard. J’aimerais retracer l’histoire de cette plaque, remonter jusqu’à la famille de ce soldat, pourquoi pas à ses descendants. J’espère qu’ils auront la même approche que moi. » Comme une bouteille à la mer lancée depuis les plages de Biscarrosse, avec l’espoir qu’un jour, quelqu’un y réponde.

Que peut-on lire sur la plaque ?

« 1160. FLG. HORST. KDTP. AUSB. KOMP. UETERSEN. » Selon les spécialistes, le chiffre correspondrait au numéro matricule individuel du soldat dans l’unité ; « Flg. Horst. Kdtr » serait l’abréviation de Fliegerhorst-Kommandantur (commandement de la base aérienne) ; « Ausb. Komp. » correspondrait à Ausbildungskompanie (compagnie d’instruction) et « Uetersen » est une ville en Allemagne (près de Hambourg).