La commune d'Aiglun, située dans les Alpes-Maritimes, a officiellement acté sa sortie du Parc naturel régional (PNR) des Préalpes d'Azur. Cette décision, prise à l'unanimité par le conseil municipal vendredi 5 juin 2026, marque une rupture avec le projet de territoire porté par le parc. Le maire, Anthony Salomone, justifie ce choix par l'absence de garanties concrètes quant au respect des besoins de la commune, notamment sur les questions de gestion de l'eau, de préservation des milieux naturels et de développement photovoltaïque.
Des désaccords sur la gestion de l'eau
Parmi les principaux griefs, la municipalité déplore le manque de soutien du PNR pour obtenir 35 litres par seconde aux sources du Végay, une demande pourtant préconisée par l'étude environnementale de la Maison régionale de l'eau. Elle critique également l'insuffisance d'animation autour d'un comité local de l'eau et l'absence de recensement des milieux humides près de la cascade du Végay. Selon le maire, la surexploitation des captages menace directement 500 hectares de forêts, des tufières et six hectares de tourbières, pourtant protégés par la directive-cadre sur l'eau.
Photovoltaïque et perte financière
Autre sujet de discorde : le développement des centrales photovoltaïques au sol. La commune estime que le PNR ne joue pas son rôle de régulation, certaines installations ayant détruit plusieurs hectares de forêts et compromis la régénération des sols et l'hydrologie, accélérant les dépérissements forestiers. Sur le plan financier, Aiglun renonce à une enveloppe annuelle de 7 500 euros au titre des aménités rurales, une somme jugée insuffisante par le maire, qui estime qu'elle devrait atteindre 33 000 euros pour une action concrète.
Le PNR des Préalpes d'Azur a réagi en prenant acte de la décision et en appelant au dialogue. Le président du parc, Jean-Marc Délia, a souligné que l'engagement volontaire des communes est la base du PNR et que l'arrivée de nouvelles communes, comme Conségudes, témoigne de la vitalité du projet. Le débat sur la préservation des ressources naturelles et l'avenir environnemental du territoire reste ouvert.



