Compostage à Entrevaux : six mises en demeure pour le site Suez
Compostage à Entrevaux : six mises en demeure pour Suez

Le géant du déchet épinglé dans la vallée du Var. La direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) a publié son rapport à la suite d'une visite inopinée menée le 24 février sur l'installation de compostage de déchets verts de Suez, située au lieu-dit les Glandèves à Entrevaux. Là où des habitants de la vallée s'étaient mobilisés contre l'extension de ce site en septembre 2025.

Un constat alarmant

Déclenchée par une plainte, l'inspection dresse ce constat : l'exploitation est « saturée de broyats à évacuer », ce qui empêche un compostage conforme au dossier déposé par l'exploitant. Face à ces manquements, l'inspection des installations classées a proposé six mises en demeure à l'encontre de l'industriel, assorties de délais de régularisation allant de huit jours à trois mois.

Des problèmes concrets sur le terrain

Les inspecteurs de l'État ont relevé des problématiques très concrètes. Ils ont notamment découvert qu'environ 10 000 m³ de broyats s'entassent sur le site sans faire l'objet du suivi de compostage obligatoire, comme le contrôle de la température ou de l'aération. La gestion environnementale de l'eau est également défaillante : outre l'absence de registre de suivi des prélèvements d'eau, le rapport souligne que le bassin de collecte des eaux pluviales a débordé, se déversant dans le milieu naturel « très probablement durant plusieurs jours ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La sécurité des installations est un autre point noir. La clôture périphérique est endommagée, ce qui permet les intrusions. Le périmètre est tellement encombré par les tas de végétaux que « la circulation dans l'allée centrale du broyeur est impossible pour les pompiers ». Ce site a réceptionné près de 10 000 tonnes de déchets en 2025.

La colère des opposants

Pour les opposants locaux, ce rapport donne du crédit à de longs mois de mobilisation. Johan Buisson, président de l'association Non aux déchets dans la vallée du Var, ne décolère pas face à ce qu'il qualifie d'« inventaire à la Prévert des infractions environnementales ». « On nous vend du compost, on nous livre un dépotoir saturé », s'indigne-t-il, dénonçant une « piscine municipale improvisée » au sujet des eaux qui ont débordé dans la nature. Alertant sur les risques d'incendie et l'état des clôtures, il fustige une sécurité « façon portes ouvertes » où « les secours n'ont plus qu'à regarder brûler ».

La réponse de Suez

Contactée par Nice-Matin, la direction de Suez s'efforce de rassurer et réfute les non-conformités pointées par l'administration. « À la suite de la visite de la Dreal, un rapport d'inspection nous a été transmis faisant état d'observations. Nous avons répondu point par point à ces différentes observations afin de démontrer que le site est conforme à la réglementation », indique Suez, qui reste « en attente du retour de la Dreal ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale